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Vers l'extinction des plugins et la réduction de l'usage de Flash dans Firefox

Les plugins s’appuient sur une technologie remontant aux débuts du Web graphique. Ces programmes permettent d’étendre la capacité du navigateur pour, le plus souvent, exécuter des formats propriétaires, mais introduisent du code exogène que les développeurs du navigateur ne maitrisent pas. Cela a toujours posé des problèmes de sécurité et de stabilité. Maintenant que les technologies web standard permettent de remplir la grande majorité des services que rendaient jusque-là les plugins, les éditeurs ont décidé chacun à sa manière de se débarrasser de ces plugins dans leur logiciel.

Mozilla, sous la plume de Benjamin Smedberg sur le blog des versions futures de Firefox, publie des nouvelles du plan de Mozilla pour se passer des plugins NPAPI et du cas particulier de Flash, le plus utilisé sur le Web. La communauté Mozilla francophone les a traduites pour vous.

Réduire l’utilisation d’Adobe Flash dans Firefox

Les plugins des navigateurs dont Flash ont permis d’utiliser des vidéos, des contenus interactifs sur le Web. Toutefois, les plugins provoquent souvent des problèmes de stabilité, de performance et de sécurité au sein des navigateurs. Ce n’est pas un compromis acceptable pour les utilisateurs.

Mozilla et le Web de façon générale ont mis en place des mesures visant à réduire les besoins en contenus Flash pour la navigation quotidienne. Dès le mois d’août, Firefox bloquera certains contenus Flash qui ne sont pas indispensables à la navigation, tout en continuant de prendre en charge les anciens contenus Flash. Ces changements et ceux à venir vont faire bénéficier les utilisateurs de Firefox d’une sécurité renforcée, d’une réduction de la consommation énergétique, d’un chargement plus rapide des pages web et d’une plus grande réactivité lors de la navigation.

Ces dernières années, Firefox a implémenté des API web qui ont remplacé les fonctionnalités auparavant uniquement disponibles via des plugins. Cette liste inclut la lecture audio et vidéo, la lecture en streaming, l’intégration du copier/coller, des graphismes 2D et 3D rapides, la mise en réseau avec WebSocket ainsi que l’accès à la caméra ou au microphone. Au fur et à mesure que les sites web ont abandonné Flash au profit d’autres technologies web, le taux de plantage des plugins de Firefox a chuté de façon significative :

Taux de plantage des plugins Firefox

Firefox continuera sur cette lancée en bloquant le contenu Flash qui est invisible pour les utilisateurs. Cela devrait résoudre jusqu’à 10 % des plantages et ralentissements liés à Flash. Afin de minimiser les problèmes de compatibilité entre les sites web, les modifications seront d’abord limitées à une liste courte, contrôlée, de contenus Flash pouvant être remplacés par du HTML. Nous prévoyons d’étendre cette liste au fur et à mesure.

Dans le courant de l’année, nous prévoyons de compléter cette liste en ajoutant les contenus Flash utilisés pour vérifier la visibilité effective du contenu, une pratique fréquente pour mesurer la perception des publicités. Cela permettra d’améliorer les performances de Firefox et la durée de vie des batteries. Ce changement sera appliqué en même temps que Firefox implémentera l’API HTML équivalente : Intersection Observer API (bogue Firefox 1 243 846). Nous pourrons ainsi recommander aux producteurs de contenu qui utilisent Flash pour mesurer la visibilité d’adopter cette nouvelle API, dès qu’elle sera disponible.

En 2017, Firefox rendra obligatoire la demande d’activation affichée aux utilisateurs avant qu’un site web puisse activer le plugin Flash, quel que soit le contenu. Les sites web qui utilisent aujourd’hui Flash ou Silverlight, pour les vidéos ou pour les jeux vidéo, devraient prévoir de passer aux technologies HTML dès que possible. À l’heure actuelle, Firefox prend en charge des outils de lecture de vidéos chiffrées tels que Adobe Primetime et Google Widevine qui sont autant d’alternatives aux plugins vidéo.

Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec Adobe pour offrir à nos utilisateurs la meilleure expérience possible avec Flash. Notre partenariat en ingénierie a amené des améliorations dans la prise en charge des affichages haute résolution sur Windows, un bac à sable amélioré et un pipeline de rendu du Flash accéléré qui améliore les performances et la stabilité.

Ces changements font partie de nos efforts en cours pour rendre la navigation plus sûre et plus rapide sans pour autant sacrifier la façon dont nos utilisateurs aiment utiliser le Web. Nous l’avions annoncé l’année dernière, Firefox prévoit d’arrêter le support des différents plugins NPAPI, à l’exception de Flash, en mars 2017. La prochaine version ESR de Firefox, également planifiée pour mars, continuera à prendre en charge les plugins tels que Silverlight et Java jusqu’en début 2018 pour permettre aux utilisateurs de mettre en place une transition.

Nous expérimentons en continu beaucoup d’autres fonctionnalités et améliorations qui feront de Firefox une plateforme encore plus fantastique pour la découverte et la collaboration. Vos commentaires et demandes de nouvelles fonctionnalités sont les bienvenus.

-- Benjamin Smedberg, directeur de l’ingénierie qualité de Mozilla


Traduction et relecture : Mozinet, Julien/Sphinx, Théo, Goofy

La version originale comme cette traduction sont sous licence CC By-SA 3.0 et postérieures

Firefox : maintenant ou jamais !

Puzzle Firefox« Je me sens trahi par cette décision de Mozilla ! » Donc, je passe à Chrome ou plutôt Chromium parce que open source.

On donne ainsi le pouvoir sur le Web à Google qui prend tous les jours des dizaines de décisions contraires à l’esprit du Libre. Le gigantisme de Google fait que de nombreux intérêts non web entrent en compte quand il s’agit de prendre les décisions qui affecteront l’avenir du Web.

Firefox est non seulement le projet qui apporte la très grande majorité de ses revenus à Mozilla, mais aussi celui qui lui donne son influence sur les standards et formats du Web, sur la neutralité du Net, sa sécurité et la définition de ses protocoles. Dans beaucoup de domaines, c’est l’expertise de Mozilla, prouvée à travers Firefox, qui lui donne sa légitimité et de la force à ses porte-paroles.

Le moment est crucial. Regardez les statistiques d’utilisation. On arrive ou sommes déjà à un point où nous n’aurons plus les moyens et la légitimité de nos ambitions. Mozilla est la seule voix du Libre parmi les éditeurs de navigateur qui comptent.

Pourtant, les Mozilliens et les personnes proches du projet restent dans leur apathie habituelle. Des Mozilliens lancent des initiatives pour essayer de redresser la barre, mais ne suscitent pas de réaction. C’est peut-être mal expliqué ou trop long pour le Web « moderne ».

Fire FirefoxPascal a expliqué précisément à MozFr pourquoi son projet de reboot de Nightly et son utilisation par les Mozilliens étaient vitaux, mais n’a pas vu les courbes de la VF prendre leur envol comme nécessaire.

Mardi, j’ai lancé un appel pour relancer la communication communautaire sur la liste de diffusion de MozFr avec un sondage pour une réunion IRC. J’ai eu quatre réponses… dont la mienne !

Ne me dites pas que tout le monde est en vacances.

Ne me dites pas que vous n’avez pas le temps. Même les petites choses ponctuelles ne sont pas faites. Le partage des nouvelles par chacun sur ses propres réseaux est minime par rapport au nombre des personnes suivant l’actualité de Mozilla et se sentant concernées. Pareil pour donner son avis assez en amont pour que ce soit utile.

Il y a des choses à faire simples et adaptées pour le temps que vous avez en ce moment, les compétences que vous avez acquises. Demandez, il y aura toujours quelqu’un de bienveillant pour vous guider.

Mais c’est maintenant ! Vous êtes à nouveau à un point critique. Vous pouvez changer le monde – pas tout seul – mais si vous n’essayez pas, on ne le saura jamais !


[Moz-fr] Relance de la communication communautaire

Bonjour à toutes et à tous,

Préoccupé par la situation de Firefox, j’ai rédigé une note sur la communication communautaire. Comme elle est un peu longue, je vous livre déjà le tl;dr (résumé) :

Depuis 2 ans, la communication Mozilla francophone a beaucoup perdu. Les temps sont durs pour Firefox et l’influence de Mozilla. Les communautés locales peuvent aider à amplifier les efforts de redressement de Mozilla et à faire partager ses valeurs, mais aussi peuvent avoir une voix originale. Avec le retour d’expérience du groupe de communication MozFr pour Firefox OS, voyons nos atouts et les possibilités pour une communication communautaire plus générale.


Note complète téléchargeable aux formats :

ODT (98 Ko) https://framadrive.org/index.php/s/…

PDF (229 Ko) https://framadrive.org/index.php/s/…

HTML http://blogzinet.free.fr/annexes/et…


Comme Firefox n’est pas une évidence (souvenons-nous du sort de Netscape), d’autres initiatives sont nées comme celle de Pascal pour un Reboot de Firefox Nightly.

Les communautés locales sont bien placées pour communiquer sur Firefox, Mozilla et leurs valeurs. Elles ont une connaissance approfondie des logiciels et processus de Mozilla, tout comme la connaissance des réalités locales, et agissent déjà dans de nombreux domaines. Nous pouvons aussi nous coordonner avec des projets Mozilla qui sont demandeurs de participation communautaire.

J’identifie deux cibles différentes pour une communication de MozFr : les utilisateurs (et les utilisateurs potentiels), et les communautés du Libre ou les individus déjà sensibilisés aux valeurs de Mozilla. Mozilla a toujours joué le rôle d’initiateur du grand public au mouvement ouvert et au logiciel libre.

Pour les canaux, il faut atteindre le grand public et les autres communautés sans se disperser. Les principaux réseaux sociaux s’imposent sans nous limiter à utiliser les standards ouverts et la communication décentralisée.

Il faudra en discuter plus avant, tout comme de la mise en place d’une organisation légère et le choix d’outils simples et efficaces dans le contexte des disponibilités techniques de la communauté.

Au-delà des produits, on peut expliquer qui l’on est et comment Mozilla est différent. Nous pourrions mixer les différents domaines d’interventions des Mozilliens pour démontrer nos valeurs, comme la vie privée.

Ces articles graves et qui peuvent apparaître austères doivent être secondés par des contenus plus légers, notamment sur les réseaux sociaux, pour humaniser la communication et instaurer une connivence et de l’engagement avec notre audience. Ça peut être fait sans trahir nos valeurs.

Que peut-on faire ?

Il y a du travail pour tous.

Je vous engage à lire mes réflexions sur ce qui existe déjà et qui pourrait être exploité et mis en valeur.

Même si l’on ne se sent pas de rédiger des articles, on peut communiquer sur les réseaux sociaux – et même reprendre les messages sur ses propres réseaux, ce que la communauté fait peu –, enregistrer des vidéos, suivre l’actualité des nouveautés ou des extensions par exemple, traduire et relire des annonces et des billets de blog de Mozilla, faire remonter et expliquer l’intérêt de documentations, et j’en oublie.

Aux côtés des portraits et interviews de Mozilliens, il faudrait s’intéresser particulièrement au suivi des événements avec participation de membres de la communauté qui n’est pas satisfaisant ni efficace.

Réunion IRC

Je propose de relancer les réunions IRC du soir pour une discussion générale sur les objectifs et les moyens, ainsi que tout ce qui vous semble important de discuter avant de se lancer. Organisons-en une première, nous verrons ensuite selon ce qui en ressort.

J’ai créé un Framadate pour trouver la meilleure date et le meilleur horaire la semaine prochaine https://framadate.org/IJVAkfh6DRgGe….

J’ai créé un pad pour les sujets de discussion et remarques https://mypads.framapad.org/p/1re-r…. N’hésitez pas à le compléter.


J’espère que vous partagerez vos commentaires sur mon initiative ici ou en privé. Je suis aussi régulièrement sur IRC #mozfr #frenchmoz.


Maintenant, avant qu’il ne soit trop tard – La communication de Mozilla en France

Crédit illustration : Geoff R sous licence CC By-SA 2.0 et Sandeep Kumar sous licence CC By 2.0

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Pourquoi j'utilise Firefox nightly ?

Suite au billet Passez à Nightly avec Pascal Chevrel, pour l'avenir de Firefox sur le blog de la communauté Mozilla Francophone, je me suis remis à installer et utiliser Nightly. Au quotidien.

Je vous renvoie au billet interview de Pascal sur le pourquoi et les raisons. Car la réponse à la question Pourquoi j'utilise Firefox nightly ? tient en une phrase : Son argumentaire m'a tout simplement convaincu. Tout simplement. Je n'en dirai pas plus, ce serait paraphraser.

Le but de ce billet est surtout pour remettre en avant cet appel, car il me semble important que je ne sois pas le seul à y avoir répondu.

Ce que change pour moi l'usage de Nightly au quotidien ? Passer à Nightly me permet d'avoir et de tester des fonctionnalités à venir comme le Multiprofil (au sein d'un même navigateur, on choisit un profil pour chaque onglet). C'est stable (en ce moment), ça marche bien. Pour des usages plus sensibles, j'utilise mon navigateur Firefox stable ou le TorBrowser.

A noter que j'utilise également Nighlty (en parallèle de la version stable de Firefox) sur un téléphone sous Android, là encore, dans un but de test.

Pour en revenir à Nightly, à terme, j'aimerai être à même de trouver des bugs et pouvoir les remonter, suggérer des améliorations ou corrections... Là encore, je vous renvoie l'interview. Je pense que quand j'aurai un peu d'expérience dans ce domaine, je ferai un billet pour partager mon expérience.

Actu des extensions pour Firefox et Thunderbird

Je maintiens une Collection « extensions pour Firefox et Thunderbird » extraites de mon flux d’actu de Twitter.

L’application web pour utilisateurs avancés TweetDeck permet de créer des « Collections » de tweets pour faciliter la « curation » d’informations. On ne peut pas s’abonner à ces flux, mais seulement les afficher sur le site Twitter et les intégrer dans des pages web externes.

Si ne voulez que les informations sur les extensions basées sur les technologies Mozilla et non tout le flux d’informations, marquer cette page ou celle de Twitter.

Voir aussi :

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Développement et nouvelles fonctionnalités chez Mozilla

Récemment, je n’ai pas eu le temps de couvrir toutes les nouveautés notamment en Nightly de Firefox. Si vous voulez partager cette actualité, nous vous accueillerons bien volontiers sur @MozillaZineFr. Il s’agit notamment de suivre, sélectionner et traduire les tweets des comptes de Mozilla rassemblés dans cette liste. Le compte @gHacks suit aussi cette actualité.

L’application web pour utilisateurs avancés TweetDeck permet de créer des « Collections » de tweets pour faciliter la « curation » d’informations. On ne peut pas s’abonner à ces flux, mais seulement les afficher sur le site Twitter et les intégrer dans des pages web externes.

Si ne voulez que les informations sur le développement et les nouvelles fonctionnalités chez Mozilla et non tout le flux d’informations, marquer cette page ou celle de Twitter.


Voir aussi :

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Nouvelles versions et nouveautés des logiciels issus de Mozilla

Je maintiens une Collection « Sorties » pour les infos sur les « Nouvelles versions des logiciels basés sur Gecko de Mozilla : Firefox, Thunderbird, SeaMonkey, BlueGriffon, etc., et autres logiciels du projet Mozilla » extraites de mon flux d’actu de Twitter.

L’application web pour utilisateurs avancés TweetDeck permet de créer des « Collections » de tweets pour faciliter la « curation » d’informations. On ne peut pas s’abonner à ces flux, mais seulement les afficher sur le site Twitter et les intégrer dans des pages web externes.

Si ne voulez que les informations sur les sorties Mozilla et non tout le flux d’informations, marquer cette page ou celle de Twitter.

Voir aussi :

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Le meilleur de l'actualité de Mozilla

Quand j’avais le temps, je publiais ici des sélections mensuelles de l’actualité de Mozilla que je publie sur Twitter.

L’application web pour utilisateurs avancés TweetDeck permet de créer des « Collections » de tweets pour faciliter la « curation » d’informations. On ne peut pas s’abonner à ces flux, mais seulement les afficher sur le site Twitter et les intégrer dans des pages web externes.

Si n’avoir que les meilleures actu Mozilla et non le flux d’informations vous intéresse, marquer cette page ou celle de Twitter.

Voir aussi :

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Qwant et Mozilla montent la vie privée d'un cran

Dans une conférence de presse tenue hier à Paris, Qwant, le moteur de recherche français et européen, a annoncé entre autre un partenariat avec Mozilla pour ajouter Qwant dans la liste des moteurs de certains Firefox, la mise à disposition d’un Firefox intégrant Qwant et d’une prochaine application Android basée sur le moteur de Firefox.

Aux côtés du cofondateur de l’entreprise, Éric Leandri, se tenait Jb Piacentino, un Mozillien bien connu qui est passé de Mozilla Paris à Qwant pour en être le Deputy CEO. Nous lui avons posé quelques questions sur ce partenariat entre sa société et Mozilla.


Jb PiacentinoBonjour JB, ton nom n’est pas inconnu des Mozilliens. Peux-tu nous parler en quelques mots de ton aventure chez Mozilla ?

J’ai rejoint Mozilla il y a 5 ans pour transformer et faire grandir le projet Thunderbird. Le diagnostic a été qu’il fallait investir beaucoup pour que Thunderbird ait un réel impact, mais au fil du temps, Mozilla a préféré se concentrer sur le navigateur. Nous avons donc alors changé notre fusil d’épaule et réussi à transmettre complètement Thunderbird à la communauté, qui se débrouille très bien aujourd’hui, même avec des moyens limités. J’ai aussi travaillé à la création de Firefox Hello, puis de plusieurs autres projets pour le groupe Content & Services.

Et donc, si j’ai bien compris, tu es passé chez Qwant et tu continues à faire du Mozilla. Pourquoi Qwant alors ?

Cela faisait quelque temps que je suivais Qwant – pour être très honnête, je trouvais le projet complètement fou. Mais j’ai rencontré Éric Léandri, le président et cofondateur de Qwant et nous nous sommes retrouvés sur les valeurs que nous voulions défendre, celles du choix, du respect de la vie privée, de la neutralité.

D’ailleurs, la position de Qwant n’est pas sans rappeler celle de Mozilla qui à l’époque se battait pour défendre le choix des navigateurs et un Web ouvert, face à Internet Explorer qui menaçait de privatiser le Web. Or aujourd’hui, on a un Google archi-dominant à plus de 90 % (une particularité européenne), qui centralise et s’approprie toutes les données possibles et imaginables, qu’elles soient personnelles ou non, qui concentre l’essentiel des revenus du Web, qui étouffe les écosystèmes de la presse, du commerce, des voyages, qui contrôle les navigateurs, les smartphones, etc., bref, qui fait peser une menace réelle sur la liberté, le choix et les opportunités sur le Web. C’est la même chose d’ailleurs pour Facebook et les autres plateformes dominantes. À l’approche d’élections, on peut se demander quelle influence ces monopoles pourront éventuellement avoir sur nos votes…

Qwant, à son niveau, offre d’ores et déjà une alternative, montre qu’il est possible de regarder le Web de manière différente, qu’il est possible de respecter les gens et de favoriser la diversité de l’écosystème plutôt que de lui tordre le bras et de l’engloutir.

Sur la base de ces valeurs communes, à quel accord êtes-vous parvenus avec Mozilla ?

L’accord est très simple : Firefox pour Qwant est une version de Firefox produite par Mozilla qui est optimisée pour l’utilisation de Qwant. Elle utilise Qwant comme moteur de recherche et permet d’activer très simplement la protection contre le pistage de Firefox sur tous les sites, et pas seulement en mode de navigation privée.

La protection contre le pistage est une fonction extraordinaire de Firefox et qui n’est pas suffisamment connue. Elle permet de ne pas charger les contenus dont on sait qu’ils sont utilisés pour pister les gens, de bloquer ces tentatives d’espionnage de nos comportements sur le Web.

Malheureusement, beaucoup de publicités reposent sur ces pisteurs, et les véhiculent : elles sont donc bloquées par la protection contre le pistage. Par contre, les pubs respectueuses de notre vie privée sont évidemment affichées, permettant ainsi aux créateurs de contenus gratuits de gagner leur vie normalement.

Il faut donc voir Firefox pour Qwant comme une version de Firefox encore plus orientée vers le respect de la vie privée. Elle est aujourd’hui disponible sur les versions Desktop [pour ordinateur] de Firefox, pour Windows, Mac OS et Linux, et dans un grand nombre de langues.

Télécharger Firefox pour Qwant

Et pour le mobile (avec ses cerbères bien connus) ?

Avec cet accord, Qwant est aussi maintenant présent dans la liste des moteurs de recherche de Firefox pour Android et de Firefox pour iOS. C’est un point essentiel dans notre combat pour rétablir le choix des moteurs de recherche. On sait combien il est difficile de pénétrer le mobile. Sur Android par exemple, il est aujourd’hui impossible – je dis bien impossible – de choisir un autre moteur de recherche que Google (évidemment), Bing ou Yahoo! Pourquoi accepter cette situation ? La seule solution est donc d’installer un navigateur tiers, Firefox par exemple, et de procéder à de nombreuses manipulations pour choisir un autre moteur de recherche par défaut. Cela n’est évidemment pas normal, et avec Firefox pour Android ou pour iOS, les gens pourront choisir Qwant très simplement.

Nous avons aussi annoncé l’arrivée prochaine de l’application Qwant Mobile qui complétera l’offre et donnera à nos utilisateurs la capacité d’exercer leur choix en leur évitant par exemple de retomber, fortuitement bien entendu (!), sur un autre moteur de recherche au gré de leur utilisation du Web mobile.

Il y a un accord de partage de revenus entre Qwant et Mozilla. Donc, depuis qu’il n’y a plus d’accord avec Google même quand il est resté moteur par défaut comme en France, si je veux faire gagner de l’argent à Mozilla, il faut lancer une recherche dans Qwant avant d’acheter quoi que ce soit sur le Net ?

Exactement ! Nous avons fondé notre modèle économique sur un principe extrêmement simple : proposer des liens commerciaux directement en rapport avec ce que vous cherchez, sans vous espionner. Si vous recherchez le mot iPad, Qwant vous dira tout sur l’iPad, et affichera quelques liens vers des offres commerciales pour acheter cette tablette. Si vous achetez un iPad après avoir cliqué sur ces liens, Qwant reçoit un pourcentage sur la vente, comme apporteur d’affaire. Par contre, si vous tapez Mozilla, on n’aura évidemment aucun lien commercial à proposer, et encore moins de liens vers des iPads : on ne sait même pas que vous avez recherché ce mot quelques minutes auparavant !

Notre accord avec Mozilla consiste à reverser une partie du chiffre d’affaires que nous réalisons grâce aux utilisateurs de Firefox pour Qwant. Donc, plus vous utilisez Firefox pour Qwant, et plus vous achetez des choses grâce à Qwant, plus vous faites gagner de l’argent à Qwant, et à Mozilla, effectivement ! (rires)

En Europe en particulier, votre principal concurrent détient des parts de marché quasi-monopolistiques que ses autres services lui permettent de maintenir, quand il ne se sert pas de son monopole pour en acquérir d’autres dans des domaines économiques différents. Pensez-vous que l’Union européenne et les autres organismes des régulation de la concurrence doivent en faire plus et plus vite pour la restaurer ?

J’évoquais tout à l’heure la situation de blocage et d’abus de position dominante dans le mobile. C’est tellement vrai que la Commission européenne s’intéresse de très près à ces pratiques discutables. Et il en est de même dans d’autres domaines. On assiste à une vraie prise de conscience de nos politiques en France et en Europe, et de la population en général. Nous suivons avec beaucoup d’attention les progrès des enquêtes de la Commission, notamment celles qui concernent l’abus de position dominante dans la recherche sur le Web et sur les systèmes d’exploitation et applications mobiles.

Mais Qwant fait beaucoup d’annonces et se diversifie, avez-vous les moyens de vos ambitions ?

Lorsque l’on évoque certains de nos nouveaux services comme Qwant Junior, Qwant Music ou encore Qwant Cinéma, il s’agit de proposer des facettes différentes d’un même index du Web. C’est parce que nous travaillons d’arrache-pied à la création et à la maintenance de cet index que nous pouvons créer ces nouvelles perspectives sur le Web.

Et plutôt que tout développer nous-mêmes, par exemple un Qwant mail, un cloud personnel ou un contrôle parental, nous faisons le choix de travailler avec les leaders de ces écosystèmes pour favoriser la diversité et l’innovation. C’est le cas avec Open-Xchange [pour le courriel], Cozy Cloud [cloud personnel], FamiliBox [contrôle parental]…

Peut-on avoir confiance en Qwant ? N’avez-vous pas des actionnaires qui pourraient vous faire dévier de vos engagements envers l’utilisateur ?

La question de la confiance est chez nous primordiale. De plus en plus d’utilisateurs sont conscients qu’ils doivent (re)prendre le contrôle sur leur vie privée. Alors il n’était pas question d’avoir des investisseurs qui ne partagent pas notre philosophie.

En s’engageant à nos côtés, Axel Springer marque sa volonté d’œuvrer pour un Web plus ouvert. C’est leur intérêt fondamental. C’est cette vision commune qui nous a rapprochés. La conviction que les enjeux de la vie privée, mais aussi plus largement, le refus qu’un petit groupe d’acteurs du Web (les GAFA) phagocytent un écosystème, qui par définition, se veut ouvert à tous.

Mais peut-on vraiment vivre sans Google sur Internet actuellement ? Le fais-tu ?

Évidemment ! Par exemple, j’utilise un moteur de recherche européen qui ne piste pas les gens ! J’ai choisi un service d’email différent, un drive alternatif, pas de gDocs, etc.

Mais la question n’est pas de vivre sans Google. Encore une fois, ce qui est essentiel c’est de pouvoir choisir : choisir son moteur de recherche, son service d’email, de choisir ce que je veux partager et ce que je veux garder pour moi… Parlez-en autour de vous et vous verrez que de nombreuses personnes, si elles avaient connaissance d’alternatives crédibles, utiliseraient ces services. Mais les habitudes ont la vie dure et un vrai travail de sensibilisation est à réaliser.

Toutefois, l’Europe n’a pas dit son dernier mot sur la question du numérique, et les bonnes initiatives se multiplient. Aujourd’hui, nous jouons certes contre ceux qui ont le plus d’argent, mais pas forcément contre ceux qui ont les meilleures idées.

Le tout, est d’avoir conscience qu’aucune situation de monopole n’est souhaitable, et qu’en verrouillant les marchés, c’est bien l’utilisateur final qui est pris au piège. Au piège d’une cage dorée, où tout est sous contrôle…

Merci JB et rendez-vous quand Qwant deviendra le moteur par défaut de Firefox en français.


Firefox pour Qwant : 1er lancement

Une fois téléchargé Firefox pour Qwant sur le site de Qwant, vous aurez un assistant d’installation de Firefox classique. Vous aurez ensuite un Firefox avec des ajouts à la marge dans son interface. Vous aurez Qwant comme page d’accueil par défaut et comme moteur de recherche par défaut (bien sûr). Dan la liste des moteurs de recherche des options, vous avez aussi Qwant Junior au-dessus des moteurs par défaut d’un Firefox non personnalisé.

Firefox pour Qwant : panneauUn bouton de la barre d’outils issu de l’intégration de l’extension Qwant qui existait auparavant donne accès aux services comme les carnets, accessibles si on est connecté avec un compte Qwant.

Mais surtout, ce panneau vous permet d’activer la fonction contre le pistage développée par Mozilla avec Disconnect, mais que Mozilla n’a activée que dans la navigation privée. Le petit point rouge sur l’icône de Qwant grise vire alors au vert.

Pour en savoir plus, n’oubliez pas de consulter les engagements relatifs à la vie privée de Qwant, cet article du Monde de juin et cet article de La Croix (parmi d’autres) qui précise :

« Firefox pour Qwant » sera disponible dans la boutique de modules du navigateur américain. Une fois un seuil de téléchargements par pays atteint – « de 10 à 100 000 selon les pays, c’est vraiment peu », souligne Eric ­Léandri – Qwant sera proposé aux utilisateurs de Firefox, qui pourront l’installer par défaut s’ils le souhaitent. La start-up (jeune pousse) française s’ouvre donc aux 480 millions d’utilisateurs de Firefox dans le monde. (…) « Nous espérons prendre 5 à 8 % du marché global des moteurs de recherche en Europe. »


@Mozinet

Crédit photo : Rémy Bourganel. Tous droits réservés.

Améliorez Firefox en participant à Nightly

PascalPascal Chevrel, employé Mozilla et contributeur de longue date, a lancé il y a un mois son projet « Reboot Nightly ». Aujourd’hui, dans une interview pour MozFr, il revient sur son parcours de bénévole de la « old guard » devenu employé de Mozilla.

Ensuite, il explique ce qu’est Nightly et pourquoi faut-il relancer Firefox Nightly. Il y indique aussi comment participer au mieux.

C’est par là : Passez à Nightly avec Pascal Chevrel, pour l’avenir de Firefox

Page d'accueil de Firefox Nightly en français

Passez à Nightly avec Pascal Chevrel, pour l’avenir de Firefox

Voici un mois Pascal Chevrel de Mozilla et Mozillien francophone de longue date lançait son initiative « Reboot Nightly ». Si vous ne connaissez pas Pascal ou Nightly, vous apprécierez cette découverte. Si vous connaissez l’un et l’autre, lisez quand même notre interview, il est très probable que vous vous apercevrez que vous ne les connaissez pas autant que vous le pensez.

PascalBonjour Pascal. Tu es un des piliers de la communauté Mozilla francophone et tu as eu un parcours exemplaire de bénévole à employé Mozilla. Peux-tu nous parler de ce parcours et des activités dans lesquelles tu as été impliqué toutes ces années ?

Je fais partie de ceux que l’on surnomme chez Mozilla la « Old Guard », c’est-à-dire ceux qui sont impliqués dans Mozilla depuis plus de dix ans, plus de quinze dans mon cas. J’ai commencé à m’impliquer comme bénévole dans Mozilla en 2000. Je testais les toutes premières versions de ce qui deviendrait plus tard la Mozilla Suite (et encore plus tard Firefox) et je faisais de l’assistance utilisateur sur Usenet [système en réseau de forums, inventé en 1979, avant le DNS et avant le Web].

Rapidement, j’ai commencé à écrire de la documentation en français, en anglais et en espagnol. C’était pour moi une manière d’apporter ma pierre à l’édifice, tout en me permettant de pratiquer les langues étrangères, car j’avais fait des études de langues, mais je travaillais dans un cadre purement francophone. Petit à petit, je me suis mis à participer à des activités liées à Mozilla et à la défense des standards du Web de plus en plus diverses et techniques. En 2002, j’avais participé à la création d’un des premiers portails Mozilla francophones, du premier portail hispanophone, je faisais de la qualification de tickets sur Bugzilla (« bug triaging ») et je participais à l’activité de défense de la compatibilité du Web avec tous les moteurs de navigateurs respectueux des standards.

En 2003, AOL ferma Netscape et quelques ex-employés de Netscape aux États-Unis montèrent une fondation pour continuer le développement des briques technologiques existantes (Gecko, SpiderMonkey…) et diffuser un logiciel utilisant ces technologies pour répondre à tous les besoins courants d’un internaute de l’époque, Mozilla Suite. Il n’était pas clair à l’époque si Mozilla trouverait un modèle économique lui permettant de survivre et c’est face à cette inquiétude qu’avec Tristan Nitot, Peter Van Der Beken et Olivier Meunier, nous avons créé l’association Mozilla Europe fin 2003 (association dissoute en 2011 [dans Mozilla]). Je me suis rapidement focalisé sur l’internationalisation du site afin de permettre la diffusion du projet Mozilla dans toute l’Europe et j’ai participé à de nombreux événements, surtout en France et en Espagne.

Mozilla ChevrelFin 2004, la première version de Firefox sortait et notre site de téléchargement en une vingtaine de langues européennes permettait à des millions de non anglophones de découvrir Firefox dans leur langue. En 2005, mon implication s’est encore accrue, j’ai écrit l’un des premiers livres sur l’utilisation de Firefox et Thunderbird, créé des extensions, participé à d’autres portails Mozilla dans le monde et en 2006 Mozilla me contactait pour gérer l’internationalisation communautaire du site officiel et à la représenter Mozilla auprès de la presse espagnole. J’ai travaillé un an et demi comme prestataire jusqu’à ce que Mozilla France soit monté et que je devienne l’un des tout premiers employés en 2008.

Depuis 2006 donc, je travaille à plein temps pour Mozilla où j’anime des communautés et je crée des outils, des tableaux de bord et des API [bibliothèques d’instructions à la disposition des développeurs] pour aider tant les employés que les bénévoles à livrer Firefox en plus de 80 langues près d’une dizaine de fois par an. En parallèle, je continue mon implication bénévole dans la communauté francophone (MozFr) où j’aide à monter des projets web, des événements et où je fais aussi un peu d’administration système.

Depuis deux mois, j’ai quitté le domaine de la traduction informatique et j’ai rejoint le département Release Management où je travaille sur la promotion du canal Nightly et en particulier l’implication communautaire autour de Nightly.

Tu te lances maintenant dans un nouveau projet « Nightly Reboot ». Tout d’abord, qu’est-ce que le canal Nightly de Firefox ?

Le rythme de livraison de Firefox est d’une version toutes les 6 à 8 semaines, nous venons d’ailleurs de livrer la version 47. Pour faire simple, entre le moment où un développeur intègre du code sur la branche principale de développement (mozilla-central) et le moment où ce code fait partie de la version grand public, il s’écoule en général 18 semaines et ces patchs passent par des versions intermédiaires de stabilisation du logiciel, ce que l’on appelle traditionnellement en informatique des versions alpha ou bêta.

Le terme que nous utilisons chez Mozilla pour ce rythme de développement est le « train model ». Lorsque nous sortons une version 47, cela signifie que, si vous téléchargez la version bêta de Firefox, celle-ci aura le numéro 48 et la version alpha (Aurora ou Dev Edition dans la terminologie Mozilla) aura la version 49. Le code qui lui est sur la branche principale de développement et qui est compilé quotidiennement a donc comme numéro de version 50.

Chacune de ces versions est utilisée par une population de testeurs. Nous avons des millions d’utilisateurs de la version bêta. La version Dev Edition (alpha) a aussi sa population essentiellement constituée de développeurs web. Par contre, nous avons très très peu d’utilisateurs de la version Nightly (au passage, nous l’appelons Nightly, car les binaires sont compilés quotidiennement de nuit) qui est mise à jour quotidiennement avec le code intégré sur le tronc de développement.

Et ça existe en français ?

Bien sûr ! Les traducteurs francophones ont toujours travaillé à la traduction des logiciels Mozilla au rythme même de l’intégration du code des développeurs. Nightly est donc en français et la communauté MozFr maintient un portail de téléchargement de cette version en français à cette adresse : https://nightly.mozfr.org.

D’ici quelque temps, les versions « localisées » de Nightly devraient être disponibles sur mozilla.org mais en attendant, c’est la solution la plus simple pour télécharger Nightly en français.

Logo Firefox NightlyPourquoi Nightly a-t-il besoin d’être relancé ?

Il y a deux grandes raisons à cela.

La première est que nous perdons des utilisateurs sur ce canal, car nous avons cessé de promouvoir son utilisation il y a plusieurs années. Peu de gens connaissent le site de téléchargement officiel voire même l’existence de Firefox Nightly. Par conséquent, la majorité des utilisateurs sont des Mozilliens ou des sympathisants de longue date, mais nous n’avons rien fait ces dernières années pour attirer une nouvelle génération d’utilisateurs avertis sur Nightly. Au contraire, notre communication a été très dirigée vers le très grand public et la sensibilisation à l’apprentissage du Web, ce qui est important mais n’aide pas à améliorer la qualité des logiciels que nous diffusons. L’objectif à court terme est donc de cesser ce lent processus d’érosion de la base installée des utilisateurs Nightly et à moyen terme d’augmenter significativement cette population.

La seconde raison est que les navigateurs aujourd’hui sont un concentré de technologies bien plus complexes qu’il y a quelques années. Ils utilisent le GPU, on peut y faire de la 3D, de la manipulation audio, du graphisme vectoriel, du peer to peer… Et ces mêmes navigateurs doivent toujours être capables d’afficher des milliards de pages web différentes, la majorité d’entre elles ne respectant pas les standards du Web. Le Web est plus divers et plus complexe que jamais, et nous avons besoin de bien plus de bêta-testeurs qualifiés capables de détecter, comprendre et nous rapporter des régressions ou dysfonctionnements sur le Web réel.

Que peuvent gagner Mozilla et Firefox dans ce reboot ?

Je pense qu’il est nécessaire de revenir un peu aux fondamentaux historiques de la contribution technique chez Mozilla et Nightly me semble être un outil idéal pour cela. Mozilla est l’une des plus grosses organisations de logiciel libre au monde, et nous promouvons et véhiculons de véritables valeurs auxquelles nombreux peuvent adhérer. Mais soyons clairs : si Mozilla peut sembler être une grosse organisation dans le monde du libre, elle est microscopique par rapport à ses concurrents (Google, Microsoft, Apple…) et sa véritable force repose sur l’implication technique de milliers de bénévoles dans le projet, ce qui lui permet de rivaliser avec des géants.

Si ce projet est un succès, j’espère que Firefox fera un bond qualitatif qui nous permettra de nous reposer sur un socle solide pour l’avenir même du logiciel, mais aussi pour d’autres projets qui utiliseront des composants de Firefox comme base technologique. Je pense que de nombreux libristes, défenseurs de l‘Open Web ou de simples sympathisants pourraient rejoindre le projet Mozilla et nous aider à défendre un internet libre et ouvert pour tous.

Release Management teamTu es tout seul sur ce projet ?

Non, je dirais que l’ensemble de l’organisation commence à être sensibilisée au problème de manque d’utilisateurs de Nightly, un de nos importants développeurs, Nick Nethercote, a d’ailleurs fait un appel à contribution sur son blog le jour même où j’annonçais publiquement mon nouveau projet sans que nous ne nous soyons concertés : I want more users on the Nightly channel.

Dans le cadre du département Release Management, nous sommes désormais deux à travailler sur Nightly à plein temps (Marcia Knous aux US et moi), l’idée étant de nous assurer que nous conservions une qualité minimale sur le canal Nightly, car si nous ne garantissons évidemment pas la stabilité d’un logiciel en préversion, nous faisons tout pour qu’elle soit la meilleure possible pour nos utilisateurs.

Il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un, employé ou bénévole, ne me contacte pour me proposer son aide ou m’informer d’une initiative pouvant impacter Nightly. Les communautés mexicaine, brésilienne et slovaque commencent déjà à mettre en place leur propre communication régionale à propos de Nightly. Pour un projet annoncé officiellement il y a moins d’un mois, la dynamique tant interne que communautaire est extrêmement encourageante.

Et quid de Firefox sur mobile ? Penses-tu que Mozilla puisse se relancer dans ce domaine où Mozilla est quasiment absent ?

Notre présence mobile se traduit actuellement par nos versions de Firefox pour Android et pour iOS. Nous allons d’ailleurs bientôt sortir une nouvelle version majeure pour iOS. On peut dire que nous n’avons qu’un succès d’estime sur mobile, mais on ne peut pas dire que nous y sommes absents ; clairement ces quatre dernières années tous nos investissements financiers et humains étaient dirigés vers le monde mobile.

Je pense qu’en ce moment Mozilla est en train de se recentrer sur ses technologies, sa plateforme et sur sa base utilisateurs, la version « Bureau » de Firefox (même si concrètement ce qu’on appelle le Bureau (Desktop), c’est en fait essentiellement des portables et des tablettes) afin d’assurer les fondamentaux techniques qui permettront de bénéficier à notre présence sur les mobiles.

Que peut-on faire concrètement pour participer à Nightly et améliorer Firefox ?

Utiliser Nightly et rapporter des bugs serait déjà extrêmement utile. Le besoin immédiat le plus criant est, je pense, d’aider au travail de triage des bugs sur Bugzilla afin que les problèmes rapportés par les utilisateurs soient sur le radar des développeurs capables de les régler.

Ensuite, me contacter ainsi que la communauté Mozilla francophone sont d’excellents moyens de rentrer dans le projet et de voir comment vous pouvez apporter votre pierre à l’édifice. J’ai publié récemment un billet en français qui documente les différents moyens de communication pour le projet [repris ci-dessous].

Ce projet touchera-t-il d’autres domaines dans lesquels Mozilla intervient ?

Le périmètre de ce projet est pour le moment limité à l’amélioration de la qualité côté plateforme mais à terme oui. L’objectif est d’utiliser Nightly comme canal de communication entre employés techniques et utilisateurs avertis. Par exemple, nous pourrions exposer les événements et activités organisés par Mozilla à Paris et Lyon sur la version francisée de Nightly, ou bien nous pourrions proposer aux utilisateurs de Nightly de participer au développement de Rust ou Servo.

Quand tireras-tu le premier bilan de cette expérience ?

L’impact de ce programme sera probablement mesurable d’ici fin 2016 début 2017, plus tôt si nous avons de la chance.

Un dernier mot pour nos lecteurs francophones ?

Beaucoup de technologies et fonctionnalités excitantes arrivent en ce moment sur Nightly et y resteront un petit moment le temps de les stabiliser (la nouvelle recherche pleine page ou les conteneurs d’identités arrivés la semaine dernière par exemple).

Il y a environ 1 300 personnes en France qui utilisent Firefox Nightly, c’est bien peu quand on pense qu’il y a des millions d’utilisateurs de Firefox dans le pays, c’est aussi assez faible par rapport à nos voisins allemands ou anglais qui ont une population comparable.

Avec près de 70 millions d’habitants, des taux d’équipement informatique et d’accès à Internet parmi les meilleurs du monde, je pense que l’on peut mieux faire, ajouter un zéro à ce chiffre me semble un bon objectif à terme.

Alors, chiche, vous passez à Nightly ?

Merci Pascal et nous espérons vraiment que tu réussiras dans ce projet. À bientôt !

Je t’en prie et merci !

Page d'accueil de Firefox Nightly en français


Extrait de Firefox Nightly, nous voilà ! :

Quelques ressources pour s’impliquer :

  • Il existe un canal IRC #nightly sur le serveur irc.mozilla.org, mon pseudo là-bas est pascalc, n’hésitez pas à m’y contacter si vous désirez apporter votre pierre à l’édifice, en savoir plus sur l’état du projet ou bien proposer vos propres idées (le canal est anglophone).
  • Si vous désirez télécharger Nightly, rendez-vous sur nightly.mozfr.org et vous y trouverez des versions en français. Le site officiel de Mozilla est https://nightly.mozilla.org mais il ne propose que des versions en anglais et donner des retours sur la qualité de la traduction est aussi une manière d’améliorer Firefox !
  • Si vous voulez découvrir au jour le jour tous les trucs sympa qui arrivent sur Nightly, suivez le compte Twitter @FirefoxNightly
  • Si vous êtes déjà utilisateur de Nightly et que vous rapportez des bugs sur bugzilla.mozilla.org, ajoutez le texte [nightly-community] dans le champ whiteboard de vos rapports de bugs, cela nous permettra de mesurer l’impact de notre communauté Nightly sur Bugzilla.

Intéressé par ce projet ? N’hésitez-pas à vous impliquer et ne manquez-pas de me contacter si vous avez une suggestion ou une idée qui pourrait s’inscrire dans ce projet. Plusieurs personnes m’ont déjà donné des retours des plus intéressants ! Vous pouvez me contacter (en anglais, français ou espagnol) via les moyens de communication suivants :

  • pascal À mozilla POINT com
  • IRC sur Moznet et Freenode : pascalc
  • Twitter : @pascalchevrel


@Mozinet

La précédente interview MozFr : Philippe Joulot, développeur d’applis et contributeur Firefox OS

Crédit illustrations : Photo n° 1 de Pascal pour Mozilla. Tous droits réservés.

Photo n° 4 du groupe de Release Management par Liz Henry (15 juin 2016). Tous droits réservés.