MozFR

Règlement sur les contenus terroristes : la réaction de Mozilla

Bougies avec une carte « Nous resterons libres »Mozilla réagit au vote en plénière du Parlement européen sur le règlement sur les contenus terroristes

Ce mercredi soir, les eurodéputés ont voté en faveur de l’adoption de la position commune des institutions sur le règlement européen sur les contenus terroristes.

Owen Benett, directeur des politiques internet chez Mozilla, réagit à ce vote :

Comme les récentes atrocités de Christchurch l’ont souligné, le terrorisme reste une menace sérieuse pour les citoyens et la société et il est essentiel que nous mettions en œuvre des stratégies efficaces pour le combattre. Mais le règlement sur les contenus terroristes adopté aujourd’hui par le Parlement européen est tout autre chose. Cette législation a pour effet d’amoindrir les droits des citoyens européens et de consolider les mêmes entreprises qu’elle vise à réguler. En exigeant que les entreprises de toute taille suppriment les « contenus terroristes » en une heure, l’UE a fixé un seuil de conformité que seules les plus puissantes peuvent atteindre.

Nos appels pour réponses politiques ciblées, proportionnées et fondées sur des données probantes pour lutter contre l’évolution de la menace n’ont pas été acceptés par la majorité, mais nous continuerons de faire pression pour un règlement plus efficace dans la phase suivante du processus législatif. La question est tout simplement trop importante pour se tromper et les insuffisances actuelles de la proposition sont trop graves pour être laissées en l’état.



Traduction et relecture : Mozinet et anonymes

Crédit photo : mafate69 sur VisualHunt.com sous licence CC By-NC-ND

Apple : respect (approximatif ?) de la vie privée

La dernière campagne marketing d’Apple présente l’iPhone comme un moyen de protéger sa vie privée. Apple fait du très bon travail dans ce domaine, mais une fonctionnalité clé nous inquiète.

Soutenir notre initiative

Bonjour,

« Respect de la vie privée. C’est ça l’iPhone. »

Le dernier slogan marketing d’Apple nous a fait hausser les sourcils. Apple fait d’excellentes choses pour le respect de la vie privée, comme protéger vos messages texte grâce au chiffrement ou proposer de très bonnes fonctionnalités contre le pistage sur Safari. Mais une fonctionnalité clé de l’iPhone nous inquiète.

Chaque iPhone que vend Apple est fourni avec un identifiant unique (appelé « identifiant de publicité » ou IDFA) qui permet aux annonceurs de suivre les actions effectuées par les utilisateurs dans les applications. C’est un peu comme si un vendeur vous suivait de magasin en magasin pendant que vous faites vos achats et prenait des notes de tout ce que vous touchez ou regardez. C’est assez peu respectueux de votre vie privée.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez désactiver cet identifiant. La mauvaise, c’est que la plupart des utilisateurs ne savent pas que cette fonctionnalité existe et encore moins qu’ils devraient la désactiver. Nous pensons que personne ne devrait avoir à le faire.

C’est pourquoi nous demandons à Apple de modifier, chaque mois, les identifiants uniques des iPhone. Ainsi, vous pourrez toujours recevoir des publicités pertinentes, mais les entreprises auront plus de mal à dresser des profils de vous sur la durée. Acceptez-vous de signer notre pétition ?

Signer la pétition

Le respect de la vie privée fait partie des préoccupations d’Apple. L’entreprise a beaucoup œuvré pour protéger la vie privée de ses clients et c’est ce qu’elle veut mettre en avant dans sa dernière campagne marketing. C’est pourquoi nous pensons que cette pétition attirera l’attention des dirigeants d’Apple et des médias si suffisamment de personnes la signent.

Si nous remportons ce combat, non seulement nous contribuerons à ce que les iPhone respectent encore mieux notre vie privée, mais nous adresserons un message clair à la Silicon Valley : les entreprises doivent respecter notre vie privée par la façon dont sont conçus les produits, et non en supposant que des personnes à la vie bien remplie auront le temps de faire des modifications qui auraient déjà dû être faites.

Merci de votre mobilisation pour la défense de la vie privée.
Ashley et toute l’équipe Mozilla

P.S. Vous souhaitez désactiver cette fonctionnalité ? Cet article explique comment faire.


Traduit par la communauté Mozilla francophone

Excellente initiative du Guardian

Le Guardian a récemment pris des mesures pour lutter contre la désinformation en ligne en modifiant le mode d’affichage de ses articles lorsqu’ils sont partagés sur les réseaux sociaux.

Chez Mozilla, nous pensons qu’il s’agit d’une excellente initiative, c’est pourquoi nous avons eu l’idée d’adresser un grand « Merci ! » au Guardian.

Et si vous vous joigniez à nous ?

Dites merci au Guardian !

Bonjour,

Nos messages ne sont pas toujours porteurs de bonnes nouvelles, mais nous venons de voir que le journal The Guardian avait pris de sa propre initiative des mesures pour lutter contre la désinformation en ligne.

L’équipe du Guardian a en effet remarqué qu’un article datant de 2013 avait été récemment partagé dans des groupes Facebook comme s’il s’agissait d’une nouvelle histoire, afin d’induire les gens en erreur et de susciter l’indignation.

The Guardian a donc pris des mesures pour améliorer la visibilité des dates sur ses articles. Ainsi, lorsque des articles datant de plus de 12 mois sont partagés sur les réseaux sociaux, l’image et la description qui les accompagnent mettent désormais clairement en évidence l’année de leur publication. Voici à quoi ça ressemble :

The Guardian lutte contre la désinformation

Ce changement simple mais efficace pourrait avoir un impact important. À l’ère des réseaux sociaux, nous sommes nombreux à lire et à partager des informations en regardant uniquement les titres et les descriptions qui apparaissent dans nos fils d’actualité. Ce changement visuel apporte plus de contexte autour des articles de nos réseaux sociaux, et les rend moins susceptibles d’induire les gens en erreur.

Lutter contre la désinformation en ligne est difficile, mais possible. C’est pourquoi nous tenons à féliciter The Guardian pour cette mesure concrète visant à résoudre un problème qui nous concerne tous. Aujourd’hui, les entreprises doivent savoir que nous leur demanderons des comptes si elles laissent la désinformation se propager, mais que nous saluons également les bonnes initiatives quand nous en voyons.

Nous prévoyons de remettre une carte de remerciement au Guardian, ce qui, nous l’espérons, incitera les autres journaux à suivre leur exemple.

Souhaitez-vous vous joindre à nous pour remercier The Guardian et inviter les autres éditeurs à faire de même ?

Remercier The Guardian

Dans notre récent questionnaire portant sur la façon dont la désinformation était perçue, vous avez été 80 % à affirmer avoir été confrontés à de la désinformation au cours de la semaine passée. Les partisans de Mozilla ont par ailleurs classé la presse et les journalistes comme les deuxièmes responsables pour lutter contre les « infox » et la désinformation.

La désinformation ne se résume pas à des reportages erronés. Présenter des articles obsolètes en les faisant passer pour des sujets d’actualité est l’un des moyens délibérément employés pour induire les gens en erreur en leur faisant croire des choses qui ne sont pas vraies.

La lutte contre les « infox » et la désinformation en ligne est loin d’être terminée, mais nous espérons que d’autres titres de presse suivront l’exemple du Guardian en franchissant cette première étape importante.

Ajoutez votre nom à notre carte de remerciement :

Dites merci au Guardian !

Avec votre aide, nous poursuivrons la lutte contre la propagation de la désinformation en ligne.

Merci pour tout ce que vous faites,
Jon, Brandi, Mathias et toute l’équipe Mozilla


Pour en savoir plus :
You may hate metrics, but they’re making journalism better par la Columbia Journalism Review
The Guardian’s nifty old-article trick is a reminder of how news organizations can use metadata to limit misinformation par Nieman Lab


Traduit par la communauté Mozilla francophone

Changer la langue de Firefox directement dans le navigateur

Firefox 66 : 2 langues (fr et it) pour les options de langue et d'apparence Francesco Lodolo sur Mozilla L10N, le 2 avril 2019

Les préférences de langue

Dans Firefox, il y a deux principales préférences visibles liées aux langues :

  • Le contenu web : quand vous visitez une page web, le navigateur indique au serveur la langue dans laquelle vous souhaiteriez voir le contenu. Techniquement, cela est réalisé par l’envoi d’un en-tête HTTP Accept-Language, qui contient une liste de codes de langue par ordre de préférence de l’utilisateur ou de l’utilisatrice.
  • L’interface utilisateur : la langue dans laquelle vous souhaitez voir le navigateur (menus, préférences, etc.).

La différence entre les deux n’est pas aussi intuitive qu’elle le semble. Un grand nombre d’utilisateurs et utilisatrices changent la préférence pour le contenu web et s’attendent à voir changer l’interface.

Le chaos L’héritage

Alors que les préférences pour le contenu web sont exposées dans Firefox depuis ses premières versions, changer la langue utilisée pour l’interface utilisateur a toujours été un défi. Voici l’épreuve difficile que les utilisateurs et utilisatrices devaient affronter jusqu’à il y a quelques mois :

  • Tout d’abord, vous devez être conscient·e que d’autres langues sont disponibles. Il n’y a pas de paramètre exposant cette information et la documentation est éparpillée à travers différents sites web.
  • Vous devez trouver et installer un paquetage de langue (un type de module spécial) depuis addons.mozilla.org.
  • Si la langue utilisée dans le système d’exploitation est différente de celle que vous essayez d’installer dans Firefox, vous devez créer une nouvelle préférence dans about:config et la remplir avec le code de langue correct. Avant Firefox 59 et intl.locale.requested, vous deviez définir manuellement la préférence general.useragent.locale dans tous les cas, pas seulement quand il y avait une divergence.

L’alternative est d’installer une compilation de Firefox déjà localisée dans votre langue de préférence. Mais, une fois encore, ce n’est pas si facile à trouver. Imaginez que vous travaillez dans un environnement d’entreprise qui vous fournit un système d’exploitation en anglais (en-US). Vous recherchez « télécharger Firefox » sur le Web et tombez automatiquement sur cette page qui ne fournit pas d’information sur la langue que vous êtes sur le point de télécharger. Vous devez faire attention à un grand nombre de choses et remarquer le lien vers les autres langues.

Si vous avez déjà installé Firefox dans la mauvaise langue, vous devez le désinstaller, trouver l’installeur pour la langue adéquate et le réinstaller. Lors du processus de désinstallation sur Windows, nous demandons aux utilisateurs et utilisatrices de répondre volontairement à un rapide sondage pour expliquer pourquoi ils ou elles désinstallent le navigateur, et le nombre de ces personnes qui répondent quelque chose comme « mauvaise langue » ou « besoin de réinstaller dans la bonne langue » est stupéfiante, en particulier en considérant que c’est un commentaire optionnel dans un sondage optionnel. C’est un signal clair, s’il en est, que les choses doivent être améliorées.

Tout change avec Firefox 65

Avance rapide vers Firefox 65 :

Firefox 66 : options de langue

Nous avons introduit une nouvelle section Langue. Directement depuis le panneau Général, il est désormais possible de choisir parmi les langues déjà disponibles dans Firefox, ce qui supprime le besoin de définir manuellement les préférences dans about:config. Et si la langue n’est pas disponible ? Vous pouvez simplement Rechercher d’autres langues… depuis le menu déroulant.

Firefox 66 : paramètres de langue (fr et en-US\)

Ajoutez votre langue préférée à la liste (italien en l’occurrence).

Firefox 66 : paramètres de langue (fr, it et en-US\)

Et redémarrez le navigateur pour avoir l’interface localisée en italien. Notez que le message est affiché dans les deux langues, pour donner une indication supplémentaire à l’utilisateur ou utilisatrice que la bonne langue a été a sélectionnée.

Firefox 66 : redémarrer Firefox pour appliquer ces changements (it et fr\)

Si vous êtes curieux·se, vous pouvez voir un diagramme d’interaction complet ici.

Beaucoup de choses se passent sous le capot pendant cette brève interaction :

  • Quand l’utilisateur ou l’utilisatrice demande d’autres langues, Firefox se connecte à addons.mozilla.org via une API pour obtenir la liste des langues disponibles pour la version utilisée.
  • Quand l’utilisateur ou l’utilisatrice ajoute une langue, Firefox télécharge et installe le paquetage de langue pour le code de langue associé.
  • Pour améliorer l’expérience utilisateur, il télécharge également, si disponibles, des dictionnaires associés à la langue demandée.
  • Quand le navigateur est redémarré, le nouveau code de langue est positionné en premier dans la préférence intl.locale.requested.

Cette fonctionnalité est activée par défaut dans les versions bêta et Release (la version pour tout le monde) de Firefox. Les paquetages de langue ne sont pas fiables dans Nightly, étant donné que les chaînes changent fréquemment, et une langue toujours considérée comme compatible mais incomplète peut mener à un navigateur qui ne fonctionne plus du tout (une situation connue sous le nom d’« écran jaune de la mort » ou yellow screen of death, quand le XUL échoue à cause d’entités DTD manquantes).

L’avenir

Tout d’abord, il reste quelques bogues à résoudre (vous pouvez trouver une liste des dépendances sur le bogue de suivi). Malheureusement, il reste quelques endroits dans le code qui présupposent que la langue ne changera pas et mettent en cache le contenu traduit de manière trop agressive.

Le chemin à suivre doit encore être défini. Terminer la migration vers Fluent améliorerait l’expérience utilisateur de manière significative :

  • Le changement de langue se ferait sans redémarrage.
  • Firefox prendrait en charge une liste de versions locales de repli. Avec l’ancienne technologie, si une traduction est manquante, la seule alternative de repli est l’anglais. Avec Fluent, nous pouvons définir une chaîne de repli, par exemple ligure->italien->anglais.

Il y a également des zones du navigateur qui ne sont pas couvertes par les paquetages de langue et nécessiteraient d’être réécrites (par exemple, le gestionnaire de profils). Pour celles-ci, la langue utilisée reste celle qui était empaquetée dans le fichier installé.

L’expérience utilisateur pourrait également être améliorée. Par exemple, pouvons-nous faire en sorte que la sélection de langue fasse partie d’une expérience multiplateforme intégrée ? Il y a un grand nombre d’informations que nous pourrions obtenir du système d’exploitation hôte et proposer à l’utilisateur ou l’utilisatrice l’installation et la sélection d’une langue différente. Et si l’utilisateur ou l’utilisatrice consulte une grande quantité de contenu allemand, mais utilise le navigateur en anglais ? Devrions-nous lui suggérer qu’il est possible de changer de langue ?

Avec Firefox 66, nous commençons aussi à collecter des données télémétriques sur les préférences d’internationalisation – regardez le tableau en bas d’about:support – pour mieux comprendre nos utilisateurs et utilisatrices, et comment ces changements dans les préférences influencent la distribution des langues et possiblement la rétention.

Pour une fois, Firefox est bien en avance sur la concurrence. Par exemple, pour Chrome il est seulement possible de changer la langue sur Windows et Chromebook, tandis que Safari n’utilise que la langue de macOS.

Cela est le résultat d’un intense effort inter-équipes. Des remerciements spéciaux à Zibi Braniecki pour l’idée et l’impulsion initiales, et tout le travail réalisé sous le capot pour améliorer l’infrastructure d’internationalisation de Firefox, à Emanuela Damiani pour l’UX (expérience utilisateur) et à Mark Striemer pour la mise en œuvre.



Traduction et relecture : Mozinet, Watilin, Théo, YD et anonymes

Cette traduction comme la version originale sont disponibles sous les termes de la licence CC By-SA 3.0.

Crédit illustrations : les images ont été aussi localisées. La première ne figurait pas dans l’article original.

Européennes : que devons-nous faire maintenant ?

Vote : main tenant un bulletin légèrement enfoncé dans la fente d'une urne en contre-jourNous republions une nouvelle lettre de Mozilla sur la désinformation et le ciblage publicitaire pour influencer les prochaines élections européennes. Vous ne pourrez cependant pas répondre dans notre billet à la question posée. Pour pouvoir vous exprimer une prochaine fois, abonnez-vous aux lettres francophones de Mozilla pour les recevoir dans votre boîte aux lettres électronique.

Bonjour,

Nous pensons que vous devriez savoir qui vous cible avec des publicités politiques et pourquoi.

Google et Facebook ont promis à la Commission européenne de proposer un accès public aux publicités politiques par divers moyens en amont des élections européennes de mai, et vous nous avez aidés à envoyer un message à Facebook, demandant à ce que cette promesse soit tenue. Mais lorsque nous avons discuté avec des chercheurs indépendants qui utilisent ces bases de données pour détecter de la désinformation, ils nous ont répondu qu’ils ne pourraient obtenir les informations dont ils ont besoin si ces bases de données ne sont pas suffisamment ouvertes au sujet des publicités diffusées sur les plates-formes.

Facebook a publié son API d’archivage des publicités en Europe fin mars (nous publierons bientôt une comparaison complète avec nos recommandations) et Google tarde à publier ses archives de publicités européennes.

Afin d’analyser efficacement les bases de données d’annonces fournies par les plates-formes, nous avons collaboré avec un groupe de 10 chercheurs indépendants et publié des recommandations décrivant ce que devrait être une API efficace pour l’archivage d’annonces.

Nous avons partagé ces recommandations avec les commissaires européens responsables d’évaluer la manière dont les plates-formes respectent leurs engagements pris dans le Code de bonnes pratiques contre la désinformation. Nous les avons également partagées directement avec Facebook et Google.

À présent, nous devons faire un choix pour les prochaines étapes de cette campagne, et nous aimerions connaître votre avis :

Nous pouvons redoubler d’efforts pour faire pression sur Google et Facebook, en mobilisant nos soutiens et nos réseaux et en les invitant à réagir aux recommandations que nous avons établies de manière indépendante.

Continuer à faire pression sur Google et Facebook

Ou nous pouvons inviter davantage de chercheurs à signer notre lettre ouverte / nos recommandations, renforçant ainsi leur crédibilité auprès des commissaires européens et des plates-formes.

Demander à plus de chercheurs de signer notre lettre

Nous pourrions faire les deux, mais nous aurons besoin de plus de temps et de ressources.

Faire les deux

Nous prendrons note de votre réponse et nous vous informerons de la suite de nos efforts en faveur d’une transparence et d’une responsabilisation accrues en matière de publicité en ligne en amont des élections européennes.

Merci de votre engagement.

Jon
Responsable des campagnes européennes
Fondation Mozilla


Traduit par la communauté Mozilla francophone

Crédit illustration ajoutée sur le blog : Element5 Digital sous licence permissive Pexels.

84 %

Panneau de circulation pour une interception menant à « Face News »

Bonjour,

Vous rappelez-vous la dernière fois où vous avez vu sur un réseau social une publication politique qui vous a fait enrager ? Peut-être était-elle si scandaleusement fausse que vous avez ressenti un mélange de confusion et de frustration à l’égard de la personne l’ayant partagée. Ou peut-être l’avez-vous « aimée » et partagée avec vos amis, avant d’en avoir honte lorsque quelqu’un vous a signalé que vous aviez été trompé·e par un contenu racoleur.

Nous ne vous posons pas la question par hasard : en début d’année, nous avons envoyé un sondage sur la désinformation aux Mozilliens européens, et près de 84 % d’entre vous pensaient avoir vu des contenus relevant de la désinformation au cours de leur dernière semaine de navigation sur Internet (ou en avaient la certitude).

Voici certaines des constatations principales :

  • Près de 4 personnes interrogées sur 5 déclarent être très préoccupées par la désinformation en ligne.
  • À la question « qui est le mieux équipé pour résoudre le problème de la désinformation en ligne ? », les « plateformes commerciales sur Internet » (comme Google, Facebook et Twitter) sont arrivées en tête avec 40 % des votes, suivies par la société civile (24 %) et les gouvernements (17 %).
  • Plus de 88 % des personnes interrogées estiment que la collecte des données ne leur est pas avantageuse.

Vos opinions comptent beaucoup pour nous, car elles représentent la base de notre stratégie de sensibilisation pour lutter contre la désinformation.

Cliquez ici pour lire l’article complet sur notre blog

C’est pourquoi, à l’heure où les campagnes politiques pour les élections européennes commencent, nous inciterons les entreprises du secteur de la technologie à faire preuve de beaucoup plus de transparence au sujet de la publicité ciblée présente sur leurs plateformes, ainsi que de la collecte massive de données qui rend ce ciblage possible.

En demandant plus de transparence au sujet de la publicité électorale présente sur les réseaux sociaux, nous ébranlerons l’un des principaux piliers de la désinformation en ligne et mettrons en lumière les milieux obscurs qui permettent le développement de ces activités. Nous espérons qu’ensemble, nous pouvons lutter pour préserver l’intégrité de nos élections, en Europe et dans le monde entier.

Merci à vous,
Jon et tous les membres de l’équipe Mozilla


P.S. : Renée DiResta, titulaire d’une bourse Mozilla, a récemment accordé une interview au journal Le Monde sur l’état actuel de la désinformation en ligne et sur sa capacité à influencer les élections et les problématiques de santé publique.


Traduit par la communauté Mozilla francophone

Crédit illustration ajoutée sur le blog : john-i sous licence permissive Pixabay.

Chut ! Firefox coupe les sons indésirables qui démarrent automatiquement

The Firefox Frontier, le 2 avril 2019

Arrêter la lecture automatique des vidéos avec de nouvelles commandes dans Firefox

Le Web a 30 ans. Tout au long de son existence, nous avons connu des développements qui nous ont amenés à des sommets de plaisir et d’autres au fond de puits de frustration. La balise blink clignotante, les fenêtres pop-up de publicité, les pièges à clics et les trolls sont tous des choses qui gâchent notre expérience sur le Web. Le plus grand transgresseur de l’étiquette d’Internet est peut-être aujourd’hui la lecture automatique des vidéos. Qu’il s’agisse d’une pub, d’une vidéo YouTube ou d’un site qui ne peut attendre avant de se présenter à vous, la lecture automatique de vidéos est une source de contrariétés. Dans notre propre étude, 90 % des utilisateurs et utilisatrices interrogé·e·s voulaient que Firefox empêche la lecture automatique des vidéos. Nous sommes là pour vous, donc nous avons ajouté une nouvelle fonctionnalité appelée blocage de la lecture automatique des médias pour arrêter que tout ce bruit ne se déclenche d’abord.

Firefox 66 : blocage de la lecture automatique

Bloquer automatiquement la lecture automatique de contenu

Si vous vous trouvez sur un site que lit automatiquement des vidéos ou des fichiers audio, Firefox stoppera la lecture automatique avant même qu’ils ne démarrent. Si vous voulez les entendre ou les voir, il vous suffit de cliquer sur le bouton de lecture pour en profiter. C’est facile et les sites bruyants feront attention à leurs manières. Des sites comme Facebook, Twitter ou d’autres réseaux sociaux ont tendance à couper automatiquement le son des contenus vidéo. Le blocage automatique n’arrêtera pas la vidéo, mais elle sera lue sans son comme le prévoit le site.

Firefox 66 : indicateur de blocage de la lecture automatique dans la barre d'adresse

Maintenant si vous regardez une série sur Netflix, Hulu, Crave ou un autre service de streaming, une fois que vous aurez appuyé sur le bouton de lecture sur une des vidéos, les autres seront lues en continue et vous pourrez vous empiffrer tout comme le souhaitent ces sites. Si vous voulez uniquement vous y plonger directement à chaque fois, vous pouvez les ajouter à votre liste de permissions afin qu’elles soient lues automatiquement depuis le début. Rendez-vous au centre de contrôle du blocage automatique (le cercle avec un « i » minuscule dans la barre d’adresse de Firefox) pour régler vos permissions selon vos préférences.

Firefox 66 : centre de contrôle sur YouTube avec la permission Lire automatiquement le son en train d'être bloquée avec floutage du reste de la page

Couper le son des onglets marche aussi

Si un site parvient à faire jouer un son automatiquement, vous avez encore une ligne de défense contre les sons indésirables. Quand un son commence à sortir de votre ordinateur (généralement avec un fort volume) et que vous commencez frénétiquement à passer en revue tous vos onglets ouverts pour voir lequel est l’agresseur, Firefox vous permet d’identifier les onglets bruyants et les réduire au silence d’un clic. Cliquer sur l’icône de haut-parleur pour couper le son ou le remettre pour cet onglet.

Firefox 66 : sur un onglet le curseur est sur l'icône de haut-parleur (cerclé de rouge) pour rendre l'onglet muet

Téléchargez et installez Firefox avec blocage automatique des sons et profitez du silence. ■


Voir aussi le tutoriel sur SUMO, l’assistance officielle de Mozilla, traduite aussi par la communauté.


Traduction et relecture : Mozinet, Hellosct1 et anonymes

Cette traduction comme la version originale sont disponibles sous les termes de la licence CC By-SA 3.0.

Crédit illustrations : seules les deux premières images été conservées de l’article original.

Soirée Common Voice et DeepSpeech le 12 avril à Paris

salle Mozilla Paris

Le Meetup Firefox est une autre manière de découvrir l’avancée d’un projet parmi de nombreux disponibles chez Mozilla. Il est temps de nous retrouver vendredi 12 avril à partir de 18 h 00 autour de Common Voice et DeepSpeech dans les locaux parisiens de la fondation Mozilla.

Le projet Common Voice est une initiative de Mozilla pour aider à apprendre aux machines à parler comme tout un chacun. Il va permettre de collecter les données pour fournir du contenu aux algorithmes. Le projet DeepSpeech est un autre projet pour transformer les ondes sonores en texte à partir de l’algorithme d’apprentissage proposé par Common Voice.

Les deux projets sont complémentaires pour finalement fournir une bibliothèque et un modèle d’utilisation. C’est une occasion unique de vous tenir au courant de l’état des choses et de participer au premier rassemblement pour construire une communauté et produire un modèle français de qualité autour de cette technologie.

Common Voice bannière

Lors de cette soirée, Alexandre Lissy de Mozilla nous présentera l’avancée et le futur de ces deux projets.

Ensuite, Mathieu Poumeyrol de Snips effectuera un retour d’expérience sur l’utilisation de Common Voice et présentera leur assistant personnel réalisé avec DeepSpeech.

Enfin, pour terminer la soirée, il sera possible d’échanger de manière informelle autour de ces deux sujets, mais aussi sur Firefox.

L’événement est gratuit, mais sur inscription sur sa page Meetup.

Mozilla Spaces ParisSoirée Common Voice et DeepSpeech
Vendredi 12 avril de 18 h 00 à 21 h 00
Fondation Mozilla
16 bis, boulevard Montmartre, Paris 9ᵉ (plan libre)
Accès handicapé

Métro : préférez Grands Boulevards
(sortie Musée Grévin)

Se rendre à Mozilla Paris sur le wiki.


@hellosct1

Précédent événement : Journées du logiciel libre les 6 et 7 avril à Lyon

Les 6 et 7 avril 2019 se tiendra la 21ᵉ édition des JDLL (Journées du logiciel libre) à Lyon, sur le thème « ecologeek : pour une terre communautaire » et Mozilla y sera…

Crédit : photo Mozilla Paris

illustrations Mozilla.

Naissance de Firefox pour Android – 29 mars 2011 – Coup d'œil dans le rétro

Firefox n’est pas né de nulle part. Il est le fruit d’une riche histoire. Découvrons-en un événement marquant.

Firefox is mobile En mars 2011, Mozilla lançait une nouvelle version de Firefox longtemps attendue : Firefox 4. Cette dernière version majeure de l’ancien paradigme de développement dans lequel il fallait attendre les nouveautés pendant un an ou plus est sortie pour Linux, Mac OS X, Windows, mais aussi pour Android et Maemo, deux systèmes d’exploitation mobiles. La première version stable de Firefox pour Android remonte donc au 29 mars 2011.

Le développement pour Maemo a depuis été abandonné.

Firefox 4 mobile comptait lors de sa sortie plus de dix langues et prenait en charge la synchronisation qui permettait de réduire la saisie de texte souvent fastidieuse sur mobile. Voyez donc cet extrait du communiqué de presse de Mozilla Europe à l’époque :

Firefox pour mobile permet aux utilisateurs d’emporter avec eux leur expérience de navigation avec Firefox et de réduire l’entrée de texte (parfois un peu fastidieuse sur un clavier de smartphone) grâce aux fonctionnalités telles que la navigation par onglets, les marque-pages, les extensions et Firefox Sync. Grâce à une nouvelle interface qui cache les menus de contrôles du navigateur quand ils ne sont pas activement utilisés, Firefox permet de se concentrer sur le contenu du site web qu’il est en train de visiter. Firefox Sync donne à l’utilisateur un accès permanent à son historique de navigation, ses marque-pages, ses onglets ouverts, ses données de formulaires et ses mots de passe entre ordinateurs et smartphones. Firefox offre aussi des centaines de manières différentes de personnaliser les fonctionnalités et l’interface de navigation avec les extensions Firefox

Firefox est jusqu’à 3 fois plus rapide que le navigateur par défaut sous Android. Les améliorations importantes apportées au moteur JavaScript permettent de rendre tout plus rapide : du chargement d’une page à l’affichage d’image, jusqu’à l’utilisation globale de Firefox.

Firefox pour mobile est basé sur la même plateforme technologique ouverte que son aîné sur ordinateur. Grâce aux technologies web modernes telles que le HTML5, les développeurs peuvent construire des applications et des sites web riches et interactifs.

Firefox pour Android : 100 M de téléchargements En 2015, Firefox pour Android fêtait ses plus de 100 millions de téléchargements.

Bien que sur Android Mozilla puisse embarquer son propre moteur de navigateur (à la différence d’iOS), la fondation veut aller plus loin pour ses applications mobiles.

Fenix, l’avenir de Mozilla sur Android

Les nouveautés sur Firefox pour Android ont marqué le pas ce dernier temps alors que Mozilla travaille sur un nouveau projet au nom de code Fenix à base d’Android Components qui permettrait aux applications de Mozilla d’aller plus loin avec l’exploitation du moteur d’affichage de Mozilla, GeckoView, qui permettra des nouveautés en matière de performances et de vie privée impossibles en utilisant celui fourni par défaut dans Android.

Le projet Fenix explore aussi de nouvelles solutions en matière d’interface et d’expérience utilisateur.

Firefox Fenix : save session La sauvegarde d’une session dans Fenix

Installez Firefox pour Android depuis la boutique d’applications d’Android avec la synchronisation de vos données personnelles sur vos autres Firefox.


Un souvenir ? Une idée ? Racontez-nous votre histoire de Mozilla et du logiciel libre.


Mozinet

Le précédent coup d’œil dans le rétro : Le Web a 30 ans

« Vague, mais prometteur » : c’est avec ce commentaire de son chef lui donnant ainsi le feu vert que Tim Berners-Lee a récupéré le 12 mars 1989 sa proposition de système de gestion de l’information…

Article issu d’une première version publiée pour feu Firefox OS.

Crédit illustrations : n° 1 Mozilla via 01net

n° 2 Mozilla

n° 3 GitHub de Mozilla via Sören

Concevoir de meilleures alertes de sécurité

Firefox 66 – Attention : risque probable de sécurité Firefox 66 est sorti la semaine dernière avec des nouveautés pour réduire les nuisances en ligne. Une autre amélioration annoncée vise à mieux protéger utilisateurs et utilisatrices en leur présentant des avertissements de sécurité pour les certificats plus efficaces et plus faciles à comprendre.

L’équipe travaillant sur l’expérience utilisateur dans Firefox a rédigé un billet de blog expliquant ses choix et ses motivations dans un domaine particulièrement important car touchant à la sécurité tout en interrompant la navigation. La communauté Mozilla francophone l’a traduit pour vous :


Les messages liés à la sécurité sont difficiles à bien transmettre, mais il est très important de le faire. Le monde de la sécurité sur Internet est de plus en plus complexe et fait peur aux non-initié·e·s. Tandis que nos expertes et experts en sécurité jouent un rôle important dans l’identification des menaces, c’est aux designers et aux rédacteurs et rédactrices de communiquer sur celles-ci de façon à éclairer les utilisateurs et utilisatrices pour leur permettre de prendre des décisions mieux éclairées.

Nous sommes encore en train d’apprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas avec les messages de sécurité. De récentes études de terrain nous éclairent sur certains aspects clés. Nous avons eu l’occasion de mettre en œuvre certaines de ces recommandations, ainsi que des leçons apprises de notre propre recherche en interne, dans le cadre d’un récent projet visant à réviser les messages d’avertissement de Firefox les plus courants relatifs aux certificats de sécurité.

Rappels

Les sites web prouvent leur identité au moyen de certificats de sécurité (c’est-à-dire que www.example.com est bien www.example.com et voici la documentation pour le prouver). Lorsque vous essayez de visiter un site web, votre navigateur vérifie l’authenticité du certificat. Si tout se passe bien, vous pouvez vous rendre sur le site en toute sécurité.

Si quelque chose ne fonctionne pas, vous verrez un avertissement de sécurité. 3 % des utilisateurs et utilisatrices de Firefox rencontrent quotidiennement un message de certificat de sécurité. Presque tous les utilisateurs et utilisatrices qui voient un message de sécurité voient l’un des cinq types de message différents. Il est donc important que ces messages soient clairs, précis et efficaces pour éduquer et donner les moyens aux utilisateurs et utilisatrices de faire un choix éclairé (et idéalement, plus sûr).

Ces messages d’erreur comprenaient auparavant un jargon technique vague, niché au sein d’un design daté. Compte tenu de leur prévalence et de l’engagement de Firefox envers les utilisateurs et utilisatrices, et la sécurité, l’équipe UX et l’équipe de sécurité se sont associées pour apporter des améliorations. En utilisant les résultats de recherches externes et internes, le designer UX Bram Pitoyo et moi-même avons collaboré à une nouvelle version et un nouveau design.

Anciens designs c/ nouveaux designs

Message d’erreur gris contenant un verrou gris barré d’un trait rouge. Le titre, « La connexion n’est pas sécurisée », est suivi d’un corps de texte en langage technique, à la fois sur l’écran initial et sur celui révélé via un bouton « Avancé ». Exemple d’un ancien message de sécurité de Firefox

Message d’erreur gris contenant une icône de triangle jaune avec un point d’exclamation et un petit verrou brisé. Le titre, « Attention : risque probable de sécurité » est suivi de deux paragraphes, dont un intitulé « Que pouvez-vous faire ? » en gras. Un bouton « Avancé » révèle du texte supplémentaire, écrit en langage plus courant que l’ancien message de sécurité. Exemple d’un nouveau message de sécurité de Firefox

Objectifs

Objectifs opérationnels :

  1. Sécurité de l’utilisateur : empêcher les utilisateurs et utilisatrices de visiter des sites potentiellement dangereux.
  2. Rétention des utilisateurs : éviter que les utilisateurs et utilisatrices de Firefox qui rencontrent ces erreurs basculent vers un autre navigateur.

Objectifs en matière d’expérience utilisateur :

  1. Compréhension : l’utilisateur ou l’utilisatrice comprend la situation et peut prendre une décision éclairée.
  2. Adhésion : l’utilisateur ou l’utilisatrice fait un choix éclairé et pro-sécurité. Dans le cas d’avertissements de sécurité, cela signifie que l’utilisateur ou l’utilisatrice ne se rend pas sur un site potentiellement dangereux, surtout s’il ne comprend pas parfaitement la situation et les implications.[1]

Résultats

Nous avons atteint nos objectifs, comme le montrent ces trois études :

  1. Une étude d’ergonomie qualitative (à distance, non modérée sur usertesting.com) d’une première ébauche de pages d’erreur redessinées et réécrites. L’étude a évalué l’intelligibilité, l’utilité et le ton des nouvelles pages. Notre chercheur interne, Francis Djabri, a testé ces messages auprès de huit participants ou participantes et nous avons fait des ajustements en fonction des résultats.
  2. Une enquête quantitative comparant les nouvelles pages d’erreur de Firefox, les pages d’erreur actuelles de Firefox et les pages comparables actuelles de Chrome. Il s’agissait d’une étude de panel payante qui demandait aux utilisateurs et utilisatrices quelle était la source du message, ce qu’ils pensaient du message et quelles mesures ils allaient prendre à la suite du message. Voici un aperçu des résultats :

    Lorsque le message d’erreur remanié a été présenté, nous avons constaté une diminution de 22 à 50 % du nombre d’utilisateurs et utilisatrices déclarant qu’ils tenteraient d’ignorer le message d’avertissement.

    Lorsque le message d’erreur remanié a été présenté, nous avons constaté une diminution de 29 à 60 % du nombre d’utilisateurs et utilisatrices déclarant qu’ils tenteraient d’accéder au site Web par un autre navigateur (seulement 4,7 à 8,5 % des utilisateurs et utilisatrices qui ont vu le nouveau message de Firefox ont dit qu’ils essaieraient un autre navigateur, contre 10 à 11,3 % des utilisateurs et utilisatrices qui ont vu un message de Chrome).

    (Source : Firefox Strategy & Insights, Tyler Downer, November 2018 Survey Highlights)

  3. Une étude en conditions réelles comparant les nouveaux et les anciens messages de sécurité avec des utilisateurs et utilisatrices de Firefox a confirmé que les nouveaux messages n’avaient pas d’impact négatif sensible sur l’utilisation ou la rétention. Cela nous a donné le feu vert pour la mise en service des pages redessinées pour tous les utilisateurs et toutes les utilisatrices.

Comment nous l’avons fait

Huit boîtes grises reliées entre elles par des flèches illustrent le processus de création de nouveaux messages d’erreur. Boîte 1 : discussion avec des experts internes de sécurité. Boîte 2 : Recherches externes sur les avertissements de sécurité et la psychologie utilisateur. Boîte 3 : Reconception initiale avec l’ébauche de nouveau texte. Boîte 4 : Test d’utilisabilité qualitatif. Boîte 5 : amélioration du design et du texte. Boîte 6 : enquête quantitative (suivie par d’autres améliorations du design et du texte). Boîte 7 : Étude en conditions réelles comparant l’ancien et le nouveau message. Boîte 8 : lancement à tous les utilisateurs et toutes les utilisatrices. Le processus de création des nouveaux messages de sécurité

Dans ce billet de blog, j’identifie les huit conseils de conception et de contenu basés sur des recherches externes et les nôtres pour créer des messages d’avertissement de sécurité plus efficaces.

Conseils sur le contenu et la conception

1. Évitez le jargon technique et choisissez vos mots avec soin

À moins que vos propres utilisateurs et utilisatrices soient plus techniques, il est généralement recommandé d’éviter les termes techniques – ils ne sont pas utiles ou accessibles pour la population en général. Des mots comme « informations d’identification de sécurité », « chiffrée » et même « certificat » sont trop abstraits et donc inefficaces pour permettre à l’utilisateur ou l’utilisatrice de comprendre.[2]

Il est difficile d’éviter complètement certains de ces termes, mais lorsque vous les utilisez, expliquez ce qu’ils signifient. Dans nos nouveaux messages, nous n’utilisons pas le terme technique « certificats de sécurité », mais le terme « certificats ». Lors de la première utilisation, cependant, nous expliquons ce que signifie « certificat » en langage clair et simple :

Les sites web justifient leur identité par des certificats qui ont une période de validité définie.

Certains termes apparemment communs peuvent également être problématiques. Notre propre étude sur les utilisateurs et utilisatrices a montré que le terme « connexion » était source de confusion. Ils pensaient, à tort, que la cause du problème était une mauvaise connexion internet, plutôt qu’un mauvais certificat.[3] Nous évitons donc le terme dans notre version finale :

La phrase  « avant », « La connexion n’est pas sécurisée », suivie de la phrase « après », « Attention : risque probable de sécurité »

2. Soyez concis et lisible… parce que les gens sont des « avares cognitifs »

Lorsque nous sommes confronté·e·s à des décisions à prendre en ligne, nous avons tous et toutes tendance à être des « avares cognitifs ». Pour minimiser l’effort mental, nous prenons « des décisions rapides basées sur les règles apprises et l’heuristique ». Cette prise de décision axée sur l’efficacité n’est pas infaillible, mais elle permet d’accomplir le travail. Cela signifie, cependant, que nous faisons des économies lorsque nous consommons du contenu et que nous considérons les résultats.[4]

Sachant cela, nous avons gardé nos messages courts et lisibles.

  • Comme les gens ont tendance à lire en forme de F, nous avons présenté notre contenu le plus important dans l’espace de choix de l’en-tête et du coin supérieur gauche de la page.
  • Nous avons utilisé des titres en gras et des paragraphes courts pour que le lecteur ou la lectrice puisse trouver et consommer les informations les plus importantes rapidement et facilement. L’utilisation d’entêtes et la priorisation du contenu dans une hiérarchie rendent également votre contenu plus accessible :

L’entête « Attention : risque probable de sécurité » précède un paragraphe de texte où il est écrit : « Firefox a détecté une menace potentielle de sécurité et n’a pas poursuivi vers untrusted-root.badssl.com. » La ligne suivante est floutée et l’exemple entier est entouré de violet.

Nous avons également simplifié le processus de prise de décision grâce à une conception fondée sur des opinions et à une présentation progressive de l’information (lire ci-dessous).

3. Employez la conception avisée, dans une mesure raisonnable

« La sécurité est un concept abstrait. Lorsque nous évaluons les alternatives lors d’une prise de décision, les résultats de nature abstraite tendent à être moins persuasifs que les résultats concrets. » — Ryan West, The Psychology of Security

Quand les utilisateurs et utilisatrices rencontrent un avertissement de sécurité, ils et elles ne peuvent immédiatement accéder au contenu ou terminer une tâche. Entre les deux options – continuer et accéder au contenu désiré, ou abandonner pour éviter un risque potentiel et ambigü – la première propose une récompense plus immédiate et tangible. Et les gens aiment les récompenses.[5]

Sachant que la sécurité peut être l’option la moins attrayante, nous avons employé la conception avisée. Nous encourageons les utilisateurs et utilisatrices à faire le choix le plus sûr en leur donnant un avantage visuel, le marquant clairement comme « choix par défaut ».[6] Dans le même temps, nous devons faire attention à ne pas être un navigateur big brother. Si les utilisateurs et utilisatrices veulent continuer et prendre le risque, c’est leur choix (et dans certains cas, la personne informée peut le faire en sachant qu’elle n’a rien à craindre de l’erreur de certificat dans la situation donnée). Il peut être tentant d’ajouter dix choses à cliquer et obscurcir le choix risqué, mais nous ne voulons pas frustrer les gens dans le processus. De plus, l’efficacité d’obstacles additionnels dépend de la difficulté de ces obstacles.[7]

Recherchant l’équilibre, nous :

  • avons fait du choix pro-sécurité le choix le plus visible et accessible. Le bouton bleu contraste avec le fond gris, et contient du texte indiquant qu’il s’agit bien de la démarche « recommandée ». La couleur bleue est également souvent utilisée en signalisation routière pour indiquer les recommandations et les directions, ce qui est approprié pour le chemin pro-sécurité voulu.
  • Au contraire, le bouton « Avancé » est d’un gris discret, et après avoir sélectionné ce bouton, une dernière barrière est présentée à l’utilisateur ou l’utilisatrice. Cette barrière est un contenu supplémentaire expliquant le risque. Il est suivi du bouton en gris discret permettant de continuer vers le site et portant le texte inquiétant « Accepter le risque… ». Nous avons utilisé le mot « risque » intentionnellement pour capter l’attention de l’utilisateur ou de l’utilisatrice, et être clair·e·s qu’il ou elle se met dans une situation potentiellement précaire.

Deux boutons côte à côte : un bouton bleu vif avec le texte « Retour (recommandé) » écrit en blanc, et un bouton gris avec le texte « Avancé… » écrit en noir.

4. Communiquez sur le risque, et rendez-le tangible

Outre le fait que la « sécurité » est un concept abstrait, les utilisateurs et utilisatrices ont tendance à croire qu’ils ne seront pas eux-mêmes ou elles-mêmes les victimes d’une menace potentielle (c’est-à-dire que ce genre de choses n’arrive qu’aux autres… cela ne m’arrivera pas à moi).[8] Et, en dehors de nos utilisateurs et utilisatrices les plus familiarisé·e·s avec la technologie, la population générale ne se préoccupe pas de savoir quelle erreur particulière de certificat s’est produite et les détails qui y sont associés.

Nous devions donc rendre ce risque le plus concret possible et le communiquer de manière plus intime. Voici ce que nous avons fait :

  • Utiliser le mot « Attention » dans le titre pour attirer l’attention.
  • Expliquer le risque en termes de résultats potentiels. L’ancien message disait simplement « Pour éviter que vos données ne soient dérobées… ». Notre nouveau message est beaucoup plus explicite avec des exemples de ce qui risque d’être volé. Google Chrome utilise une formulation concrète semblable.
  • Communiquer sur le risque assez tôt dans le contenu, dans notre cas dès le premier paragraphe, plutôt que l’enterrer dans une section « Avancé ».

Le titre « Attention : risque probable de sécurité » apparaît au-dessus d’une ligne de texte floutée. la seconde ligne indique : « Si vous consultez ce site, des personnes malveillantes pourraient tenter de voler des informations comme vos mots de passe, courriels, ou détails de carte bancaire. » L'exemple est souligné en violet dans sa totalité.

5. Pratiquez la révélation progressive d’informations

Bien que la majorité de la population ne nécessite pas ou ne veut pas connaître les détails techniques, vous devriez les fournir aux utilisateurs et utilisatrices qui le désirent… Au bon endroit.

Les utilisateurs et utilisatrices cliquent rarement sur les liens comme « En savoir plus » ou « Plus d’informations ».[9] Notre propre étude d’utilisabilité a confirmé cela, car la moitié des participantes et des participants n’ont pas remarqué ou ne se sont pas senti·e·s obligé·e·s de sélectionner le bouton « Avancé ».[10] Ainsi, nous avons privilégié le contenu le plus généralement accessible et immédiatement important sur notre premier écran, mais nous avons fourni plus de détails et d’informations techniques dans la seconde moitié de l’écran, ou derrière le bouton « Avancé ». Sachant que les utilisateurs et utilisatrices ne cliqueront probablement pas sur « Avancé », nous avons déplacé toute information plus importante, telle que du contenu à propos de quelle action l’utilisateur ou l’utilisatrice peut réaliser, vers le premier écran.

La section « Avancé » agit ainsi comme une forme de révélation progressive d’information. Nous avons évité d’encombrer notre écran principal avec des détails techniques, tout en préservant un espace moins voyant pour ces informations pour les utilisateurs et utilisatrices qui les veulent.

Une sélection d'un message d'erreur qui comprend le corps : « Les sites web justifient leur identité par des certificats. Firefox ne fait pas confiance à untrusted-root.badssl.com, car l’émetteur de son certificat est inconnu, le certificat est auto-signé ou le serveur n’envoie pas les certificats intermédiaires corrects. » Elle est suivie de la ligne « Code d’erreur : SEC_ERROR_UNKNOWN_ISSUER » et d'un lien « Afficher le certificat ». Suivent deux boutons : un bleu avec le texte « Retour (recommandé) » et un gris avec le texte « Accepter le risque et poursuivre ».

6. Soyez transparent (personne n’aime le navigateur qui criait au loup)

Dans le cas d’erreurs de sécurité, nous ne savons pas avec certitude si le problème est dû à une attaque ou simplement à un site mal configuré. Des pirates pourraient être en train de détourner le site pour dérober des informations de carte de crédit… ou un site peut simplement ne pas avoir les informations de son certificat de sécurité en bon ordre, par exemple.

Quand il y a une possibilité d’attaque, communiquez sur le risque, mais soyez transparent sur l’incertitude. Nos messages emploient des termes comme « potentiel » ou « des attaquants pourraient », et nous reconnaissons qu’il y a deux causes d’erreur potentielles (la première non sûre, la seconde sûre) :

Soit le site est mal configuré, soit l’horloge de votre ordinateur est réglée à la mauvaise heure.

Expliquez pourquoi vous ne faites pas confiance à un site et offrez la possibilité d’en apprendre plus dans un article du support :

Les sites web justifient leur identité par des certificats. Firefox ne fait pas confiance à example.com, car l’émetteur de son certificat est inconnu, le certificat est auto-signé ou le serveur n’envoie pas les certificats intermédiaires corrects. En savoir plus sur cette erreur.

Une personne participant à notre étude d’utilisabilité a fait part de son appréciation pour ce genre de transparence :

« Je ne suis pas frustré·e, je suis éclairé·e. Souvent, les logiciels tentent de résumer les choses, ils pensent que l’utilisateur ou l’utilisatrice n’a pas besoin de savoir, et ils disent juste quelque chose d’assez vague. En tant qu’utilisateur·rice, je préférerais qu’ils me disent « voici ce que nous pensons et voici ce qui nous a amené à le penser ».
— Personne participant à une étude sur les messages d’erreur réécrits (User Research Firefox UX, Francis Djabri, 2018)

7. Choisir l’imagerie et les couleurs avec attention

Les illustrations, l’iconographie et le traitement de couleur sont d’importants outils de communication pour accompagner le texte. Les signaux visuels peuvent être encore plus « forts » que les mots, il est donc critique de les choisir avec attention.

Nous avons voulu que les utilisateurs et utilisatrices comprennent le risque, mais n’avons pas voulu exagérer le risque, ce qui aurait créé le sentiment que la navigation est un acte dangereux. Nous avons également voulu que les utilisateurs et utilisatrices sachent et ressentent que Firefox les protège des menaces potentielles.

Certains messages d’avertissement emploient une imagerie plus spectaculaire, comme des yeux masqués, un cambrioleur ou un officier de police, mais leur efficacité est discutée.[11] Quoi qu’il en soit, il est sans doute mieux de réserver cette sorte d’imagerie explicite pour les situations où nous savons que le danger est imminent, ce qui n’était pas notre cas.

L’imagerie doit également être conforme à notre image de marque et cohérente avec notre charte graphique. Dans Firefox, nous n’utilisons pas d’illustrations d’êtres humains dans le produit, nous utilisons des créatures fantaisistes. Une créature ne serait pas un choix approprié pour des messages d’erreur véhiculant une menace. Ainsi, nous avons décidé d’utiliser une iconographie qui évoque le risque ou le danger.

Nous avons également choisi une échelle de couleurs en fonction du niveau de menace. Dans Firefox, le jaune est un avertissement et le rouge signifie une erreur ou une menace. Nous avons utilisé une grande icône jaune pour nos messages car il y a un risque, mais ce risque n’est pas certain. Nous avons également ajouté une bordure jaune comme signal dissuasif supplémentaire pour les messages dans lesquels l’utilisateur ou l’utilisatrice a le choix de continuer vers le site non sûr (ce n’est pas toujours le cas).

Un exemple d'un nouveau message de sécurité : une zone floue de texte et de boutons est entourée d'une bordure jaune. Exemple d’une bordure jaune autour d’un des nouveaux messages d’erreur

8. Rendez-le humain

Tout bon texte UX utilise un langage qui a l’air humain, et c’est un principe directeur explicite parmi les propres directives de voix et de ton de la marque de Firefox. Par « humain », je veux dire un langage qui est naturel et accessible.

Si le contexte est bon, vous pouvez aller un peu plus loin et vous amuser un peu. L’un de nos cinq messages d’erreur n’impliquait aucun risque pour l’utilisateur : l’utilisateur n’avait qu’à régler son horloge. Dans ce cas, Sean Martell, responsable du design de la communication, a jugé opportun de créer une illustration « Old Timey Berror ». Les gens de notre étude ont bien réagi… nous avons même eu un gloussement :

Exemple d'un nouveau message de sécurité. Le titre : « L’heure de votre ordinateur est incorrecte » surmonte une illustration fantaisiste bleue d'un ours avec un chapeau, un monocle, une moustache et un nœud papillon, vérifiant l'heure sur sa montre gousset. C'est suivi par un paragraphe : « Votre ordinateur pense qu’il est 12/02/2018, ce qui empêche Firefox de se connecter de façon sécurisée. Pour visiter www.facebook.com, mettez à jour l'horloge de votre ordinateur dans vos paramètres système afin qu'elle soit réglée sur la date, l'heure et le fuseau horaire qui conviennent, puis actualisez www.facebook.com. » Puis un second paragraphe : « www.facebook.com a recours à une stratégie de sécurité HTTP Strict Transport Security (HSTS), une connexion sécurisée est obligatoire pour y accéder. Vous pouvez pas ajouter d'exception pour visiter ce site. » Un lien bleu « En savoir plus… » se trouve en dessous, suivi de deux boutons : un bouton bleu avec le texte « Réessayer » et un bouton gris « Plus d'informations ». Nouveau message d’erreur à propos de l’heure

Conclusion

Le domaine des messages de sécurité représente un défi à plusieurs niveaux, mais il y a des choses que nous pouvons faire en tant que designers et stratèges de contenu pour aider les utilisateurs et utilisatrices à naviguer dans ce champ de mines. Étant donné le taux de frustration que peuvent causer à l’utilisateur ou l’utilisatrice les messages d’erreur et le risque que ces freins représentent pour les résultats de l’entreprise, comme la fidélisation de la clientèle, cela vaut la peine de prendre le temps et la peine de bien faire passer ces messages souvent négligés… ou, du moins, de les améliorer.

Remerciements

Des mercis tout particulier à mes collègues : Bram Pitoyo pour avoir conçu les messages et être tout le temps un excellent partenaire de réflexion, Johann Hofmann et Dana Keele pour leur patience et leur expertise en matière de sécurité, et Romain Testard et Tony Cinotto pour leurs compétences folles en matière de gestion de projet. Merci à Sharon Bautista, Betsy Mikel et Michelle Heubusch pour avoir relu une version préliminaire de ce billet.

Références

Notes

[1] Adrienne Porter Felt et al., “Improving SSL Warnings: Comprehension and Adherence.”(Philadelphia: Google, 2015).

[2] Ibid.

[3] User Research, Firefox UX, Francis Djabri, 2018.

[4] West, Ryan. “The Psychology of Security.” Communications of the ACM 51, no. 4 (April 2008): 34-40. doi:10.1145/1330311.1330320.

[5] West, Ryan. “The Psychology of Security.” Communications of the ACM 51, no. 4 (April 2008): 34-40. doi:10.1145/1330311.1330320.

[6] Adrienne Porter Felt et al., “Experimenting At Scale With Google Chrome’s SSL Warning.” (Toronto: CHI2014, April 26 – May 01 2014). https://dl.acm.org/citation.cfm?doid=2556288.2557292

[7] Ibid.

[8] West, Ryan. “The Psychology of Security.” Communications of the ACM 51, no. 4 (April 2008): 34-40. doi:10.1145/1330311.1330320.

[9] Devdatta Akhawe and Adrienne Porter Felt, “Alice in Warningland: A Large-Scale Field Study of Browser Security Warning Effectiveness.” Semantic Scholar, 2015.

[10] User Research, Firefox UX, Francis Djabri, 2018.

[11] Devdatta Akhawe and Adrienne Porter Felt, “Alice in Warningland: A Large-Scale Field Study of Browser Security Warning Effectiveness.” Semantic Scholar, 2015.



Traduction et relecture : Mozinet, Watilin, Marine, Benoît, Hellosct1 et anonymes

Cette traduction comme la version originale sont disponibles sous les termes de la licence CC By-SA 3.0.

Crédit illustrations : seule l’avant-dernière image a été conservée de l’article original. La dernière provient de SUMO, le site officiel d’assistance de Mozilla traduit aussi par la communauté.