Tester Firefox : dernière ligne droite

Villeneuve Christophe
, 30/04/2021 | Source : MozFR

Firefox 89 nouvelle interface La prochaine grosse version de Firefox arrive le 1ᵉʳ juin. Elle proposera une refonte de l’interface utilisateur afin d’améliorer la commodité d’utilisation de votre navigateur.

Comme nous vous l’annoncions dans notre article, la campagne de tests Foxfooding se déroule du 12 avril au 3 mai.

Durant cette période chaque semaine avait son lot de nouveautés à tester pour atteindre l’ensemble des fonctionnalités disponibles.

Pour sortir la meilleure version 89 possible de Firefox le 1ᵉʳ juin, nous devons tester cette nouvelle interface et ses nombreuses améliorations dans le maximum de configurations matérielles et logicielles possibles. C’est là que vous intervenez, depuis chez vous.

Meetups

C’est pourquoi, nous avons proposé plusieurs Meetups sous la forme d’ateliers pour vous faire découvrir les nouveautés et vous aider à les tester dans Firefox bêta ou Firefox Nightly.

Vous pouvez retrouver le support de chaque soirée :

Notre premier soir de Foxfooding :

et l’atelier de cette semaine avec les derniers points importants de la semaine 2 :


Maintenant, vous disposez de l’ensemble des fonctionnalités et avez jusqu’au 3 mai (date de fin de la campagne).

Nous aider

La date de sortie de Firefox 89 est prévue le 1er juin. Pour cela en plus des systèmes d’exploitation que vous utilisez tous les jours, les équipes ont besoin aussi de tests et de vos impressions pour les environnements suivants :

  • Windows 7, Mac et Linux
  • petits écrans
  • lecteurs d’écran

Alors, si vous avez cela sous la main, vous pouvez effectuer les tests de l’ensemble des fonctionnalités présentées, dans différentes langues et avec toutes les orientations de texte.

Rapporter les bogues

Après chaque test, si vous rencontrez un problème ou un dysfonctionnement, vous pouvez nous le remonter en remplissant le formulaire que vous trouverez sur la page de la campagne.

N’hésitez pas à poser vos questions dans nos salons francophones. Voyez notre wiki francophone pour savoir comment rejoindre nos salons Matrix :


Vous êtes dans les temps pour commencer à tester et nous rejoindre sur le tchat pour nous remonter vos impressions.


@hellosct1

Le précédent article sur Firefox : Découvrez le futur design de Firefox à notre Meetup de demain

Mozilla va proposer une interface modernisée de son navigateur Firefox le 1ᵉʳ juin. Nous organisons un Meetup en ligne pour vous le présenter et vous aider à le tester…

Crédit illustration : Christophe Villeneuve

La capture est disponible sous licence CC0.

Découvrez le futur design de Firefox à notre Meetup de demain

Villeneuve Christophe
, 14/04/2021 | Source : MozFR

Les Fox en luge 25-12 Mozilla va proposer une interface modernisée de son navigateur Firefox le 1ᵉʳ juin. Nous organisons un Meetup en ligne pour vous le présenter et vous aider à le tester.

Comme nous l’annoncions dans notre article de lundi, nous avons besoin de vous pour produire le meilleur Firefox possible. Du 12 avril au 3 mai, Mozilla organise la campagne « Firefox Foxfooding » et vous propose de nous aider à préparer l’arrivée de la prochaine grosse version de Firefox, Firefox 89.

Dites bonjour à un tout nouveau Firefox, conçu pour vous emmener encore plus vite là où vous voulez aller. Nous avons remanié et modernisé l’expérience de base pour la rendre plus nette, plus accueillante et plus facile à utiliser.

À partir de la version 89, vous remarquerez un certain nombre de changements et notamment :

  • Une interface de navigateur et une barre d’outils simplifiées : les fonctionnalités redondantes ou moins fréquemment utilisées ont été retirées pour vous permettre de vous concentrer sur les éléments de navigation les plus importants.
  • Des menus épurés : le contenu a été réorganisé et hiérarchisé en fonction de son utilisation. Nous avons réduit l’encombrement visuel en supprimant les icônes inutiles et en proposant des énoncés plus clairs.
  • Des invites actualisées : les barres d’information et les fenêtres modales ont un design et des textes plus clairs.
  • Un nouveau design des onglets inspiré : les onglets mobiles contiennent élégamment les informations et font apparaître les indicateurs quand vous en avez besoin, comme les signaux visuels pour les commandes audio. Le design arrondi de l’onglet actif accentue le focus et signale la possibilité de facilement déplacer l’onglet si nécessaire.
  • Moins d’interruptions : nous avons supprimé les alertes et messages inutiles.
  • Des visuels cohérents et plus sereins : des icônes plus légères, une palette de couleurs plus raffinée et un style plus homogène.

C’est ainsi que les notes de version de Firefox Nightly 89 présentent le redesign.

Rendez-vous jeudi à 19 h

Nous vous proposons de nous retrouver jeudi à 19 h 00 pour un Meetup qui nous permettra de découvrir et tester les 10 ensembles de fonctionnalités présentes dans Firefox Nightly :

  • Nouveau design de la barre d’onglets
  • Nouveau menu d’application
  • Nouvelle barre d’outils
  • Barre d’information
  • Panneaux
  • Menu contextuel
  • Barre d’adresse
  • Plateforme
  • Embarquement
  • Modaux

Le programme de la soirée se compose :

  • Notre Mozillien Christophe Villeneuve nous fera découvrir les nouvelles fonctionnalités.
  • Comment remonter un rapport de bogue
  • Comment tester ces nouvelles fonctionnalités

Ensuite, nous passerons à la pratique.

L’événement est gratuit. Vous pouvez vous inscrire sur la page de l’événement.

Ce rendez-vous est à destination de toutes les personnes curieuses, utilisatrices du Web et de l’informatique en général.

Jeudi 15 avril 2021 à 19 h 00

En ligne dans notre salon Matrix.


Alors n’attendez pas pour vous inscrire à ce rendez-vous avec le futur.


@hellosct1

Le précédent évènement : Mozilla sera samedi en ligne pour le FOSDEM

Personne ne sera surpris d’apprendre que cette année le FOSDEM se passera en ligne. Mozilla participe pour la 20ᵉ fois au premier salon européen du logiciel libre qui se tient d’habitude à Bruxelles (Belgique)…

Crédit photo : Mozilla.

Foxfooding : aidez à produire le meilleur Firefox !

Mozinet
, 12/04/2021 | Source : MozFR

Fox avec une épée, accroché à une corde par l'autre bras, avec la bannière « Defend your Fox! » au-dessus Firefox 89 verra arriver un nouveau design avec une nouvelle conception de l’interface utilisateur. Pour mettre toutes les chances de découvrir d’éventuels problèmes avant la sortie grand public, Mozilla a allongé de deux semaines la période habituelle de tests en bêta.

Firefox 89 sortira donc le 1ᵉʳ juin prochain et Mozilla vous demande votre aide pour tester Firefox dans le réel avec le plus grand nombre de configurations matérielles et logicielles possible.

Mozilla organise, durant trois semaines, une campagne d’assurance qualité « Firefox Foxfooding » qui débute aujourd’hui, lundi 12 avril.

Mozilla a travaillé à l’amélioration de la commodité d’utilisation de Firefox pour ses utilisatrices et utilisateurs, nouveaux et existants, grâce à une interface modernisée. Pendant trois semaines à partir du 12 avril, nous aurons besoin de votre aide pour tester différentes fonctionnalités.

De nouvelles fonctionnalités à tester seront ajoutées pendant la campagne, alors n’oubliez pas de vous inscrire pour être tenu au courant !

Pour commencer, téléchargez et installez la version Nightly de Firefox. Elle s’installe à côté et avec un profil distinct de votre Firefox standard. Vous pouvez naviguer en parallèle sur ces deux navigateurs et y retrouver vos informations personnelles en utilisant la fonction de synchronisation de données, Sync.

 La version Nightly est une plateforme instable de test et de développement.  Elle est mise à jour deux fois par jour pour accueillir le travail quotidien des développeurs et développeuses de Firefox du monde entier. Il se peut que certains éléments d’interface apparaissent encore en anglais, mais ils apparaîtront traduits dans une prochaine version.

Ouverture du menu hamburger dans Firefox Nightly 89 (Proton/MR1)

La page de la campagne vous indique les fonctionnalités à tester. C’est en anglais mais facile à comprendre. La communauté francophone sera présente si vous avez besoin d’aide. De même, un salon Matrix est ouvert si vous souhaitez discuter en anglais avec d’autres participants ou participantes. Voyez notre wiki francophone pour savoir comment rejoindre nos salons Matrix.

Restez à l’affût des nouvelles fonctionnalités à tester sur la page de la campagne. Vous pouvez aussi vous abonner à nos comptes Twitter et Mastodon en français, ainsi qu’au compte Twitter MozillaZine-fr qui rapporte l’actualité du projet Mozilla.

Vous pouvez également suivre les comptes Twitter anglophones de Mozilla :


Serez-vous des nôtres pour produire le meilleur Firefox possible ?


Mozinet

Précédent appel à test de Firefox : Firefox pour Android : dernière ligne droite pour Fenix

La version 5.0 de ce qui jusqu’ici était livré aux testeurs et testeuses sous le nom de Firefox Preview et qui est aussi connu sous le nom de code Fenix est sorti…

Crédit illustrations : Mozilla

MDN sur GitHub, comment contribuer ?

sphinx
, 16/03/2021 | Source : Blog technique de MozFR

MDN Web Docs est un site collaboratif qui documente les différentes technologies web, de HTML à CSS en passant par JavaScript, HTTP, les différentes API (DOM, WebGL, etc.). Pendant de nombreuses années, le contenu de MDN était organisé dans une base de données et éditable page par page via un éditeur sur le site. Fin 2020, MDN a effectué une mue et si le site n’a pas changé d’adresse, le contenu sous-jacent réside désormais sur GitHub : toute la documentation est contenue dans un dépôt Git. Après une période de gel hivernal, la localisation est aujourd’hui de nouveau possible (ce billet fait suite au précédent). Bref, la méthode de contribution et les outils associés ont bien changé. Voyons ce qu’il en est ici.

L’organisation

Pour commencer, voyons comment s’organise la plateforme de MDN (qui n’est pas l’organisation du contenu au sein de MDN). Il existe trois dépôts Git :

  • mdn/yari : Yari est le remplaçant de Kuma, c’est le serveur web qui s’occupe du rendu du site tant pour le contenu des articles que pour le reste de l’interface utilisateur.
  • mdn/content : ici on trouve tous les documents anglophones qui constituent le contenu de référence de MDN.
  • mdn/translated-content : enfin, ce dépôt contient les localisations, toutes locales confondues, de mdn/content. C’est ici qu’on retrouve un répertoire pour tout le contenu francophone de MDN.

Schéma d'organisation des depôts Git pour MDN, mar. 2021

Comme expliqué précédemment, les locales sont réparties en deux catégories : celles qui sont ouvertes aux contributions et celles qui sont « gelées ». À l’heure actuelle, le français fait partie des locales ouvertes aux contributions (avec le chinois, le japonais et le russe).

Après une période de transition, cette ouverture est effective depuis le 06 mars 2021.

Comment contribuer ?

C’est l’objet de ce billet : vous fournir les informations nécessaires pour que vous puissiez (re)commencer à contribuer à MDN, notamment à la localisation francophone du contenu.

Le format

Avant de plonger dans la pratique, voyons rapidement comment sont structurés les documents dans les dépôts mdn/translated-content ou mdn/content. L’arborescence des fichiers suit celle du site et correspond à celle utilisée sur le dépôt mdn/content (il n’y a pas de traduction des noms de répertoire) :

files
  <locales>
  fr
    <sections>
    web
      ...
        <page> // répertoire
          index.html

Chaque page possède donc un répertoire dans lequel sont stockés les fichiers et surtout le contenu de la page : index.html.

Ce fichier ne contient pas que du HTML. En effet, il commence par un préambule de métadonnées décrites en YAML. Ces métadonnées décrivent notamment le titre, le fragment d’URL de la page (slug), les étiquettes associées et le lien avec la page anglaise. Par exemple :

---
title: Structures de données
slug: Web/JavaScript/Data_structures
tags:
  - Beginner
  - JavaScript
  - Types
translation_of: Web/JavaScript/Data_structures
original_slug: Web/JavaScript/Structures_de_données
---

On trouve ensuite le contenu de l’article en HTML.

Contribuer occasionnellement

Si vous souhaitez corriger une coquille ou contribuer sur une page en particulier, vous pouvez utiliser directement GitHub (il vous y faudra un compte pour contribuer). Sur la page de MDN qui vous intéresse, utilisez le lien en bas de page pour vous rendre directement sur le document :

Lien de MDN vers GitHub

Sur GitHub, vous pouvez alors utiliser la fonctionnalité d’édition pour modifier la page :

Bouton d'édition avec un crayon sur l'interface de GitHub.

Une fois les modifications apportées, l’interface de GitHub vous guidera pour finaliser votre contribution et cela créera automatiquement une requête qui sera revue avant d’être fusionnée et publiée.

Contribuer de façon plus conséquente

Si vous souhaitez éditer et/ou traduire plus fréquemment ou si votre modification porte sur plusieurs documents, il sera nécessaire de mettre en place un environnement sur votre ordinateur.

Prérequis

Commençons par voir ce qu’il faut au préalable :

  • Git : selon votre système d’exploitation, il est peut-être déjà installé. Sinon, vous pouvez le télécharger pour l’installer. Il est aussi préférable d’avoir quelques notions de Git pour se lancer.
  • Compte GitHub : à l’instar des modifications mineures, il faudra un compte sur https://github.com.
  • Node.js et npm : le dépôt mdn/content utilise Node.js comme système de serveur web.
  • yarn : yarn est un paquet npm. C’est le gestionnaire de dépendances pour mdn/content et une fois npm installé, vous devrez lancer npm install -g yarn pour installer yarn.
Initialisation

Il est nécessaire de récupérer les deux dépôts sur votre ordinateur : mdn/content et mdn/translated-content. Le premier nous permettra d’avoir le contenu en anglais pour comparer et surtout de pouvoir lancer le site en local pour vérifier l’affichage du contenu édité. Le second contient les documents en français que nous allons pouvoir éditer.

  1. Sur GitHub, faites un fork de mdn/content et de mdn/translated-content
  2. Clonez les deux dépôts pour créer des dépôts locaux :

    git clone git@github.com:<votrenomsurgit>/content.git
    git clone git@github.com:<votrenomsurgit>/translated-content.git
    
  3. Rajoutez le dépôt de référence avec une référence distante/remote upstream. Dans les répertoires respectifs :

    // Dans le répertoire de translated-content
    git remote add upstream git@github.com:mdn/translated-content.git
    // Déplacez vous dans le répertoire de content
    git remote add upstream git@github.com:mdn/content.git
    
  4. Allez dans le répertoire content. Pour installer les dépendances, lancez :

    yarn install
    
  5. Afin que mdn/content « sache » où se trouve le contenu du contenu traduit, on utilise un fichier d’environnement .env situé à la racine du répertoire content. Créez un fichier .env avec deux variables :

  • EDITOR pour l’éditeur de texte que vous souhaitez utiliser. La variable EDITOR doit correspondre au chemin du programme ou à la commande lancée pour le démarrer, elle sera utilisée pour ouvrir votre éditeur via un bouton sur le site local.
  • CONTENT_TRANSLATED_ROOT pour le chemin du répertoire du dépôt local pour translated-content.

Par exemple :

    EDITOR=code
    CONTENT_TRANSLATED_ROOT=../translated-content/files
  1. Lancez le serveur avec

    yarn start
    

Vous pouvez maintenant vous rendre sur votre http://localhost:5000 pour parcourir le contenu de MDN. Vous pouvez éditer les fichiers sur votre système de fichier avec votre éditeur de prédilection ou utiliser les fonctionnalités de Yari qui intègre un éditeur (ou encore utiliser Yari pour lancer votre éditeur depuis le site local).

Capture de l'interface de mdn/yari en environnement local, mar. 2021

Préparer une contribution
  1. Si vous avez déjà fait une contribution ou si quelques jours ont passé depuis le clonage des dépôts, commencez par rafraîchir vos dépôts locaux à partir des dépôts de référence/upstream puis relancez yarn install.

  2. Créez une branche avec

    git checkout -b correction-coquille-fr-jean-biche
    
  3. Modifiez et gérez vos fichiers avec Git afin de faire un ou des commits.

  4. Poussez la modification sur votre fork avec

    git push -u origin correction-coquille-fr-jean-biche
    
  5. Utilisez GitHub pour créer une merge request

  6. Attendez la revue puis la fusion. Ajustez éventuellement le contenu en fonction des retours.

  7. Vous pouvez alors guetter What’sDeployed pour savoir quand votre contribution sera visible sur https://developer.mozilla.org (pour être tout à fait précis, il peut y avoir quelques heures de décalage avec les caches CDN).

Qu’y a-t-il à faire ?

Il existe de nombreuses façons de contribuer et d’aider. Voici une liste (non exhaustive) :

  • Vous pouvez vérifier s’il existe des issues idéales pour commencer, sur le contenu francophone.
  • Rapporter des bugs : en vous baladant sur MDN, si vous croisez une erreur, vous pouvez cliquer sur le lien « Report a problem with this content on GitHub » et indiquer ce qui est incorrect.
  • Contribuer de façon générale : si une page de MDN n’existe pas en français sur un sujet qui vous passionne, vous pouvez la traduire en français afin de la rendre accessible à plus de personnes.

Bref, toute aide est la bienvenue !

Ensuite

Si vous souhaitez discuter ou si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas à nous rejoindre sur Matrix sur le salon #l10n-fr.

Cette appli de rencontre respecte-t-elle votre vie privée ?

Mozinet
, 13/02/2021 | Source : Mozilla et la vie publique

Confidentialité non incluse, édition Saint-Valentin

Amour, confidentialité, applis de rencontre et sextoys
*Confidentialité non incluse, édition spéciale Saint-Valentin

   Lire notre guide  

Bonjour,

Cette semaine nous avons lancé l’édition spéciale Saint-Valentin de notre guide *Confidentialité non incluse.

Nous avons passé en revue la confidentialité et la sécurité de 24 applications de rencontre et de 26 sextoys connectés. Nous pensons que trouver l’amour ne devrait pas vous obliger à partager vos informations les plus intimes avec le monde entier… ni avec Facebook.

Les éléments marquants de notre édition spéciale Saint-Valentin de *Confidentialité non incluse :

  • Les applis de rencontre protègent très peu votre vie privée
    Sur les 24 applications de rencontre que nous avons examinées (Tinder, Badoo, Grindr, Elite Rencontre, Happn, Lex, OKCupid, Hornet, Facebook Dating, Christian Mingle…) seules trois applications de rencontre n’ont pas reçu notre icône d’avertissement *Confidentialité non incluse. 21 applications de rencontre sont susceptibles d’en apprendre, puis de partager, beaucoup trop sur vous.
  • Ne vous connectez pas à des applications de rencontre via Facebook
    La quasi-totalité des 24 applications de rencontre que nous avons examinées permet aux utilisateurs et utilisatrices de s’inscrire ou de se connecter via Facebook. Beaucoup de ces applications recueillent ensuite de nombreuses informations depuis Facebook et Facebook peut recueillir des informations à partir des applications de rencontre. Étant donné que la plupart des applications de rencontre et Facebook ont un historique très mauvais en matière de protection des données des utilisateurs et utilisatrices, c’est un problème majeur. Nous recommandons que les applications de rencontre cessent d’utiliser Facebook comme méthode d’inscription.
  • Si vous tenez au respect de votre vie privée, supprimez Tinder et Grindr
    Tinder et Grindr font partie des pires applications de rencontre que nous ayons examinées en matière de protection des informations personnelles des utilisateurs et utilisatrices. Grindr a récemment été condamné à une amende de près de 12 millions de dollars par l’autorité norvégienne de protection des données pour avoir illégalement partagé des informations personnelles et confidentielles avec des annonceurs. Tinder a également été accusé de faits similaires, tout en omettant à de nombreuses reprises de protéger les informations sensibles des utilisateurs et utilisatrices.
  • Trois applications qui nous plaisent
    Tout n’est pas négatif. Lex, une application de rencontre qui vise les lesbiennes, les personnes non binaires et les femmes trans est l’application qui respecte le mieux la vie privée parmi toutes les applications que nous avons passées en revue. L’application Happn, qui utilise la géolocalisation, et l’application eHarmony protègent aussi mieux vos informations personnelles que la plupart des autres.
  • Les applications de rencontre ont recours à l’intelligence artificielle pour vous aider à trouver l’amour… Enfin, peut-être
    De nombreuses applications de rencontre que nous avons examinées affirment avoir recours à l’intelligence artificielle pour vous aider à trouver l’âme sœur. L’un des problèmes est que le fonctionnement de ces algorithmes n’est pas vraiment transparent. Nous ne pouvons donc pas être sûrs qu’ils ne comportent pas de biais sur des informations telles que l’origine ethnique, la religion ou l’âge. Ni même qu’ils sont capables de trouver la bonne personne pour vous.
  • Si vous souhaitez acheter un sextoy connecté, tournez-vous vers les entreprises les plus connues
    La pandémie nous a poussés à développer davantage les relations à distance. Il en résulte une hausse de l’utilisation des sextoys connectés pour garder une forme de contact. Si vous achetez un appareil à l’un des acteurs majeurs comme Lovense, WeVibe, Kiiroo ou Vibease, vous n’aurez probablement pas de problème. Mais évitez les sextoys connectés des plus petites entreprises, car elles accordent souvent moins d’importance à la sécurité et à la confidentialité.

La Saint-Valentin approche à grands pas, mais il est encore temps de trouver l’amour en toute sécurité sur Internet. Et nous sommes là pour vous aider.

  Lire notre guide  

Partagez notre guide (récompensé par un Webby Award !) avec vos proches, vos amis, ou toute personne qui recherche l’amour. Personne n’a envie de passer une Saint-Valentin flippante.

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  Partager sur Twitter  

Merci,

Jen Caltrider
Mozilla


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Voilà le Bulletin de santé d’Internet 2020 !

Mozinet
, 12/02/2021 | Source : Mozilla et la vie publique

Un Internet plus sain est possible.

Bonjour,

Au cours de cette année difficile pour le monde entier, Internet nous a aidé, mais aussi fait du tort, comme jamais auparavant. Nous avons appris à nos dépens que la santé d’Internet affecte notre santé.

Dans une version synoptique du Bulletin de santé d’Internet, traduit en français, nous vous invitons à la réflexion à propos de l’année historique qui vient de se terminer.

Nous parvenons à la conclusion qu’un Internet plus sain est possible.

Interrogez-vous sur la technologie présente dans votre quotidien et participez au développement d’un Internet plus sain. Nous serions ravis que vous nous fassiez part de vos idées concernant ce rapport à l’adresse : internethealth@mozilllafoundation.org

  Lisez le Bulletin ici  

Merci de votre attention,

Solana Larsen

Éditrice, Bulletin de santé d’Internet
Fondation Mozilla


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Vidéo : transmission des signatures à Apple

Mozinet
, 06/02/2021 | Source : Mozilla et la vie publique

Merci, Apple Continuez de défendre la confidentialité

Bonjour,

Depuis 2019, Mozilla demande à Apple de prendre une mesure essentielle en matière de protection de la vie privée : empêcher les annonceurs de pouvoir pister les utilisateurs et utilisatrices dans plusieurs applications. Pour cela, nous avons demandé à Apple de réinitialiser son identifiant pour les annonceurs (IDFA), une fonctionnalité qui permet aux annonceurs de vous pister comme si un vendeur ou une vendeuse vous suivait partout dans les rayons en notant quels produits vous regardez. Flippant, pas vrai ?

Ces derniers mois, Apple s’est engagé à permettre aux utilisateurs et utilisatrices de mieux contrôler leur vie privée et l’entreprise vient d’annoncer que ce changement majeur, baptisé « App Tracking Transparency » (transparence sur le pistage dans les applications), sera activé par défaut sur iOS dès le début du printemps.1 Plus de 40 000 membres de la communauté Mozilla ont souhaité remercier Apple et l’encourager à tenir bon.

La remise des signatures d’une pétition doit s’organiser différemment en raison de la pandémie, c’est pourquoi nous avons créé cette vidéo au lieu d’effectuer une remise en main propre. Découvrez-la :

Vidéo : Mozilla transmet plus de 40 000 signatures à Apple

Même si vous n’avez pas signé la pétition, vous pouvez nous aider à relayer l’information en partageant la vidéo. Apple est peut-être la première entreprise à adopter une telle mesure de protection de la confidentialité, mais nous ne voulons pas qu’elle soit la dernière. En montrant une forte adhésion à ce changement, nous pouvons encourager Apple et d’autres entreprises qui souhaitent renforcer le contrôle de la confidentialité des utilisateurs et utilisatrices.

   Partager sur Facebook   

   Tweeter   

Merci de défendre la confidentialité,
– L’équipe Mozilla

Références :

  1. Setra, « La fonctionnalité anti-traceurs de l’iPhone sera déployée au début du printemps », Presse-Citron, 28 janvier 2021

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1ʳᵉ illustration ajoutée sur le blog

Utilisateurs libres ou domestiqués ? WhatsApp et les autres

Framalang
, 04/02/2021 | Source : Framablog - Mozilla

Le mois dernier, WhatsApp a publié une nouvelle politique de confidentialité avec cette injonction : acceptez ces nouvelles conditions, ou supprimez WhatsApp de votre smartphone. La transmission de données privées à la maison-mère Facebook a suscité pour WhatsApp un retour de bâton retentissant et un nombre significatif d’utilisateurs et utilisatrices a migré vers d’autres applications, en particulier Signal.

Cet épisode parmi d’autres dans la guerre des applications de communication a suscité quelques réflexions plus larges sur la capture des utilisateurs et utilisatrices par des entreprises qui visent selon Rohan Kumar à nous « domestiquer »…

Article original : WhatsApp and the domestication of users, également disponible sur la capsule gemini de l’auteur.

Traduction Framalang : Bromind, chloé, fabrice, françois, goofy, jums, Samailan, tykayn

WhatsApp et la domestication des utilisateurs

 par Rohan Kumar

Je n’ai jamais utilisé WhatsApp et ne l’utiliserai jamais. Et pourtant j’éprouve le besoin d’écrire un article sur WhatsApp car c’est une parfaite étude de cas pour comprendre une certaine catégorie de modèles commerciaux : la « domestication des utilisateurs ».
La domestication des utilisateurs est, selon moi, l’un des principaux problèmes dont souffre l’humanité et il mérite une explication détaillée.
Cette introduction générale étant faite, commençons.

L’ascension de Whatsapp

Pour les personnes qui ne connaissent pas, WhatsApp est un outil très pratique pour Facebook car il lui permet de facilement poursuivre sa mission principale : l’optimisation et la vente du comportement humain (communément appelé « publicité ciblée »). WhatsApp a d’abord persuadé les gens d’y consentir en leur permettant de s’envoyer des textos par Internet, chose qui était déjà possible, en associant une interface simple et un marketing efficace. L’application s’est ensuite développée pour inclure des fonctionnalités comme les appels vocaux et vidéos gratuits. Ces appels gratuits ont fait de WhatsApp une plate-forme de communication de référence dans de nombreux pays.

WhatsApp a construit un effet de réseau grâce à son système propriétaire incompatible avec d’autres clients de messagerie instantanée : les utilisateurs existants sont captifs car quitter WhatsApp signifie perdre la capacité de communiquer avec les utilisateurs de WhatsApp. Les personnes qui veulent changer d’application doivent convaincre tous leurs contacts de changer aussi ; y compris les personnes les moins à l’aise avec la technologie, celles qui avaient déjà eu du mal à apprendre à se servir de WhatsApp.

Dans le monde de WhatsApp, les personnes qui souhaitent rester en contact doivent obéir aux règles suivantes :
• Chacun se doit d’utiliser uniquement le client propriétaire WhatsApp pour envoyer des messages ; développer des clients alternatifs n’est pas possible.
• Le téléphone doit avoir un système d’exploitation utilisé par le client. Les développeurs de WhatsApp ne développant que pour les systèmes d’exploitation les plus populaires, le duopole Android et iOS en sort renforcé.
• Les utilisateurs dépendent entièrement des développeurs de WhatsApp. Si ces derniers décident d’inclure des fonctionnalités hostiles dans l’application, les utilisateurs doivent s’en contenter. Ils ne peuvent pas passer par un autre serveur ou un autre client de messagerie sans quitter WhatsApp et perdre la capacité à communiquer avec leurs contacts WhatsApp.

La domestication des utilisateurs

WhatsApp s’est développé en piégeant dans son enclos des créatures auparavant libres, et en changeant leurs habitudes pour créer une dépendance à leurs maîtres. Avec le temps, il leur est devenu difficile voire impossible de revenir à leur mode de vie précédent. Ce processus devrait vous sembler familier : il est étrangement similaire à la domestication des animaux. J’appelle ce type d’enfermement propriétaire « domestication des utilisateurs » : la suppression de l’autonomie des utilisateurs, pour les piéger et les mettre au service du fournisseur.

J’ai choisi cette métaphore car la domestication animale est un processus graduel qui n’est pas toujours volontaire, qui implique typiquement qu’un groupe devienne dépendant d’un autre. Par exemple, nous savons que la domestication du chien a commencé avec sa sociabilisation, ce qui a conduit à une sélection pas totalement artificielle promouvant des gènes qui favorisent plus l’amitié et la dépendance envers les êtres humains1.

Qu’elle soit délibérée ou non, la domestication des utilisateurs suit presque toujours ces trois mêmes étapes :
1. Un haut niveau de dépendance des utilisateurs envers un fournisseur de logiciel
2. Une incapacité des utilisateurs à contrôler le logiciel, via au moins une des méthodes suivantes :
2.1. Le blocage de la modification du logiciel
2.2. Le blocage de la migration vers une autre plate-forme
3. L’exploitation des utilisateurs désormais captifs et incapables de résister.
L’exécution des deux premières étapes a rendu les utilisateurs de WhatsApp vulnérables à la domestication. Avec ses investisseurs à satisfaire, WhatsApp avait toutes les raisons d’implémenter des fonctionnalités hostiles, sans subir aucune conséquence. Donc, évidemment, il l’a fait.

La chute de WhatsApp

La domestication a un but : elle permet à une espèce maîtresse d’exploiter les espèces domestiquées pour son propre bénéfice. Récemment, WhatsApp a mis à jour sa politique de confidentialité pour permettre le partage de données avec sa maison mère, Facebook. Les personnes qui avaient accepté d’utiliser WhatsApp avec sa précédente politique de confidentialité avaient donc deux options : accepter la nouvelle politique ou perdre l’accès à WhatsApp. La mise à jour de la politique de confidentialité est un leurre classique : WhatsApp a appâté et ferré ses utilisateurs avec une interface élégante et une impression de confidentialité, les a domestiqués pour leur ôter la capacité de migrer, puis est revenu sur sa promesse de confidentialité avec des conséquences minimes. Chaque étape de ce processus a permis la suivante ; sans domestication, il serait aisé pour la plupart des utilisateurs de quitter l’application sans douleur.
Celles et ceux parmi nous qui sonnaient l’alarme depuis des années ont connu un bref moment de félicité sadique quand le cliché à notre égard est passé de « conspirationnistes agaçants et paranoïaques » à simplement « agaçants ».

Une tentative de dérapage contrôlé

L’opération de leurre et de ferrage a occasionné une réaction contraire suffisante pour qu’une minorité significative d’utilisateurs migre ; leur nombre a été légèrement supérieur la quantité négligeable que WhatsApp attendait probablement. En réponse, WhatsApp a repoussé le changement et publié la publicité suivante :

Cette publicité liste différentes données que WhatsApp ne collecte ni ne partage. Dissiper des craintes concernant la collecte de données en listant les données non collectées est trompeur. WhatsApp ne collecte pas d’échantillons de cheveux ou de scans rétiniens ; ne pas collecter ces informations ne signifie pas qu’il respecte la confidentialité parce que cela ne change pas ce que WhatsApp collecte effectivement.

Dans cette publicité WhatsApp nie conserver « l’historique des destinataires des messages envoyés ou des appels passés ». Collecter des données n’est pas la même chose que « conserver l’historique » ; il est possible de fournir les métadonnées à un algorithme avant de les jeter. Un modèle peut alors apprendre que deux utilisateurs s’appellent fréquemment sans conserver l’historique des métadonnées de chaque appel. Le fait que l’entreprise ait spécifiquement choisi de tourner la phrase autour de l’historique implique que WhatsApp soit collecte déjà cette sorte de données soit laisse la porte ouverte afin de les collecter dans le futur.
Une balade à travers la politique de confidentialité réelle de WhatsApp du moment (ici celle du 4 janvier) révèle qu’ils collectent des masses de métadonnées considérables utilisées pour le marketing à travers Facebook.

Liberté logicielle

Face à la domestication des utilisateurs, fournir des logiciels qui aident les utilisateurs est un moyen d’arrêter leur exploitation. L’alternative est simple : que le service aux utilisateurs soit le but en soi.

Pour éviter d’être contrôlés par les logiciels, les utilisateurs doivent être en position de contrôle. Les logiciels qui permettent aux utilisateurs d’être en position de contrôles sont appelés logiciels libres. Le mot « libre » dans ce contexte a trait à la liberté plutôt qu’au prix2. La liberté logicielle est similaire au concept d’open-source, mais ce dernier est focalisé sur les bénéfices pratiques plutôt qu’éthiques. Un terme moins ambigu qui a trait naturellement à la fois à la gratuité et l’open-source est FOSS3.
D’autres ont expliqué les concepts soutenant le logiciel libre mieux que moi, je n’irai pas dans les détails. Cela se décline en quatre libertés essentielles :

  • la liberté d’exécuter le programme comme vous le voulez, quel que soit le but
  • la liberté d’étudier comment le programme fonctionne, et de le modifier à votre souhait
  • la liberté de redistribuer des copies pour aider d’autres personnes
  • la liberté de distribuer des copies de votre version modifiée aux autres

Gagner de l’argent avec des FOSS

L’objection la plus fréquente que j’entends, c’est que gagner de l’argent serait plus difficile avec le logiciel libre qu’avec du logiciel propriétaire.
Pour gagner de l’argent avec les logiciels libres, il s’agit de vendre du logiciel comme un complément à d’autres services plus rentables. Parmi ces services, on peut citer la vente d’assistance, la personnalisation, le conseil, la formation, l’hébergement géré, le matériel et les certifications. De nombreuses entreprises utilisent cette approche au lieu de créer des logiciels propriétaires : Red Hat, Collabora, System76, Purism, Canonical, SUSE, Hashicorp, Databricks et Gradle sont quelques noms qui viennent à l’esprit.
L’hébergement n’est pas un panier dans lequel vous avez intérêt à déposer tous vos œufs, notamment parce que des géants comme Amazon Web Service peuvent produire le même service pour un prix inférieur. Être développeur peut donner un avantage dans des domaines tels que la personnalisation, le support et la formation ; cela n’est pas aussi évident en matière d’hébergement.

Les logiciels libres ne suffisent pas toujours

Le logiciel libre est une condition nécessaire mais parfois insuffisante pour établir une immunité contre la domestication. Deux autres conditions impliquent de la simplicité et des plates-formes ouvertes.

Simplicité

Lorsqu’un logiciel devient trop complexe, il doit être maintenu par une vaste équipe. Les utilisateurs qui ne sont pas d’accord avec un fournisseur ne peuvent pas facilement dupliquer et maintenir une base de code de plusieurs millions de lignes, surtout si le logiciel en question contient potentiellement des vulnérabilités de sécurité. La dépendance à l’égard du fournisseur peut devenir très problématique lorsque la complexité fait exploser les coûts de développement ; le fournisseur peut alors avoir recours à la mise en œuvre de fonctionnalités hostiles aux utilisateurs pour se maintenir à flot.
Un logiciel complexe qui ne peut pas être développé par personne d’autre que le fournisseur crée une dépendance, première étape vers la domestication de l’utilisateur. Cela suffit à ouvrir la porte à des développements problématiques.

Étude de cas : Mozilla et le Web

Mozilla était une lueur d’espoir dans la guerre des navigateurs, un espace dominé par la publicité, la surveillance et le verrouillage par des distributeurs. Malheureusement, le développement d’un moteur de navigation est une tâche monumentale, assez difficile pour qu’Opera et Microsoft abandonnent leur propre moteur et s’équipent de celui de Chromium. Les navigateurs sont devenus bien plus que des lecteurs de documents : ils ont évolué vers des applications dotées de propres technologies avec l’accélération GPU, Bluetooth, droits d’accès, énumération des appareils, codecs de médias groupés, DRM4, API d’extension, outils de développement… la liste est longue. Il faut des milliards de dollars par an pour répondre aux vulnérabilités d’une surface d’attaque aussi massive et suivre des standards qui se développent à un rythme tout aussi inquiétant. Ces milliards doivent bien venir de quelque part.
Mozilla a fini par devoir faire des compromis majeurs pour se maintenir à flot. L’entreprise a passé des contrats de recherche avec des sociétés manifestement hostiles aux utilisateurs et a ajouté au navigateur des publicités (et a fait machine arrière) et des bloatwares, comme Pocket, ce logiciel en tant que service partiellement financé par la publicité. Depuis l’acquisition de Pocket (pour diversifier ses sources de revenus), Mozilla n’a toujours pas tenu ses promesses : mettre le code de Pocket en open-source, bien que les clients soient passés en open-source, le code du serveur reste propriétaire. Rendre ce code open-source, et réécrire certaines parties si nécessaire serait bien sûr une tâche importante en partie à cause de la complexité de Pocket.

Les navigateurs dérivés importants comme Pale Moon sont incapables de suivre la complexité croissante des standards modernes du Web tels que les composants web (Web Components). En fait, Pale Moon a récemment dû migrer son code hors de GitHub depuis que ce dernier a commencé à utiliser des composants Web. Il est pratiquement impossible de commencer un nouveau navigateur à partir de zéro et de rattraper les mastodontes qui ont fonctionné avec des budgets annuels exorbitants pendant des décennies. Les utilisateurs ont le choix entre le moteur de navigation développé par Mozilla, celui d’une entreprise publicitaire (Blink de Google) ou celui d’un fournisseur de solutions monopolistiques (WebKit d’Apple). A priori, WebKit ne semble pas trop mal, mais les utilisateurs seront impuissants si jamais Apple décide de faire marche arrière.
Pour résumer : la complexité du Web a obligé Mozilla, le seul développeur de moteur de navigation qui déclare être « conçu pour les gens, pas pour l’argent », à mettre en place des fonctionnalités hostiles aux utilisateurs dans son navigateur. La complexité du Web a laissé aux utilisateurs un choix limité entre trois grands acteurs en conflit d’intérêts, dont les positions s’enracinent de plus en plus avec le temps.
Attention, je ne pense pas que Mozilla soit une mauvaise organisation ; au contraire, c’est étonnant qu’ils soient capables de faire autant, sans faire davantage de compromis dans un système qui l’exige. Leur produit de base est libre et open-source, et des composants externes très légèrement modifiés suppriment des anti-fonctionnalités.

Plates-formes ouvertes

Pour éviter qu’un effet de réseau ne devienne un verrouillage par les fournisseurs, les logiciels qui encouragent naturellement un effet de réseau doivent faire partie d’une plate-forme ouverte. Dans le cas des logiciels de communication/messagerie, il devrait être possible de créer des clients et des serveurs alternatifs qui soient compatibles entre eux, afin d’éviter les deux premières étapes de la domestication de l’utilisateur.

Étude de cas : Signal

Depuis qu’un certain vendeur de voitures a tweeté « Utilisez Signal », un grand nombre d’utilisateurs ont docilement changé de messagerie instantanée. Au moment où j’écris ces lignes, les clients et les serveurs Signal sont des logiciels libres et open-source, et utilisent certains des meilleurs algorithmes de chiffrement de bout en bout qui existent ; cependant, je ne suis pas fan.

Bien que les clients et les serveurs de Signal soient des logiciels libres et gratuits, Signal reste une plate-forme fermée. Le cofondateur de Signal, Moxie Marlinspike, est très critique à l’égard des plates-formes ouvertes et fédérées. Il décrit dans un article de blog les raisons pour lesquelles Signal reste une plate-forme fermée5. Cela signifie qu’il n’est pas possible de développer un serveur alternatif qui puisse être supporté par les clients Signal, ou un client alternatif qui supporte les serveurs Signal. La première étape de la domestication des utilisateurs est presque achevée.

Outre qu’il n’existe qu’un seul client et qu’un seul serveur, il n’existe qu’un seul fournisseur de serveur Signal : Signal Messenger LLC. La dépendance des utilisateurs vis-à-vis de ce fournisseur de serveur central leur a explosé au visage, lors de la récente croissance de Signal qui a provoqué des indisponibilités de plus d’une journée, mettant les utilisateurs de Signal dans l’incapacité d’envoyer des messages, jusqu’à ce que le fournisseur unique règle le problème.
Certains ont quand même essayé de développer des clients alternatifs : un fork Signal appelé LibreSignal a tenté de faire fonctionner Signal sur des systèmes Android respectueux de la vie privée, sans les services propriétaires Google Play. Ce fork s’est arrêté après que Moxie eut clairement fait savoir qu’il n’était pas d’accord avec une application tierce utilisant les serveurs Signal. La décision de Moxie est compréhensible, mais la situation aurait pu être évitée si Signal n’avait pas eu à dépendre d’un seul fournisseur de serveurs.

Si Signal décide de mettre à jour ses applications pour y inclure une fonction hostile aux utilisateurs, ces derniers seront tout aussi démunis qu’ils le sont actuellement avec WhatsApp. Bien que je ne pense pas que ce soit probable, la plate-forme fermée de Signal laisse les utilisateurs vulnérables à leur domestication.
Même si je n’aime pas Signal, je l’ai tout de même recommandé à mes amis non-techniques, parce que c’était le seul logiciel de messagerie instantanée assez privé pour moi et assez simple pour eux. S’il y avait eu la moindre intégration à faire (création de compte, ajout manuel de contacts, etc.), un de mes amis serait resté avec Discord ou WhatsApp. J’ajouterais bien quelque chose de taquin comme « tu te reconnaîtras » s’il y avait la moindre chance pour qu’il arrive aussi loin dans l’article.

Réflexions

Les deux études de cas précédentes – Mozilla et Signal – sont des exemples d’organisations bien intentionnées qui rendent involontairement les utilisateurs vulnérables à la domestication. La première présente un manque de simplicité mais incarne un modèle de plate-forme ouverte. La seconde est une plate-forme fermée avec un degré de simplicité élevé. L’intention n’entre pas en ligne de compte lorsqu’on examine les trois étapes et les contre-mesures de la domestication des utilisateurs.
@paulsnar@mastodon.technology a souligné un conflit potentiel entre la simplicité et les plates-formes ouvertes :

j’ai l’impression qu’il y a une certaine opposition entre simplicité et plates-formes ouvertes ; par exemple Signal est simple précisément parce que c’est une plate-forme fermée, ou du moins c’est ce qu’explique Moxie. À l’inverse, Matrix est superficiellement simple, mais le protocole est en fait (à mon humble avis) assez complexe, précisément parce que c’est une plate-forme ouverte.

Je n’ai pas de réponse simple à ce dilemme. Il est vrai que Matrix est extrêmement complexe (comparativement à des alternatives comme IRC ou même XMPP), et il est vrai qu’il est plus difficile de construire une plate-forme ouverte. Cela étant dit, il est certainement possible de maîtriser la complexité tout en développant une plate-forme ouverte : Gemini, IRC et le courrier électronique en sont des exemples. Si les normes de courrier électronique ne sont pas aussi simples que Gemini ou IRC, elles évoluent lentement ; cela évite aux implémentations de devoir rattraper le retard, comme c’est le cas pour les navigateurs Web ou les clients/serveurs Matrix.

Tous les logiciels n’ont pas besoin de brasser des milliards. La fédération permet aux services et aux réseaux comme le Fediverse et XMPP de s’étendre à un grand nombre d’utilisateurs sans obliger un seul léviathan du Web à vendre son âme pour payer la facture. Bien que les modèles commerciaux anti-domestication soient moins rentables, ils permettent encore la création des mêmes technologies qui ont été rendues possibles par la domestication des utilisateurs. Tout ce qui manque, c’est un budget publicitaire ; la plus grande publicité que reçoivent certains de ces projets, ce sont de longs billets de blog non rémunérés.
Peut-être n’avons-nous pas besoin de rechercher la croissance à tout prix et d’essayer de « devenir énorme ». Peut-être pouvons-nous nous arrêter, après avoir atteint une durabilité et une sécurité financière, et permettre aux gens de faire plus avec moins.

Notes de clôture

Avant de devenir une sorte de manifeste, ce billet se voulait une version étendue d’un commentaire que j’avais laissé suite à un message de Binyamin Green sur le Fediverse.
J’avais décidé, à l’origine, de le développer sous sa forme actuelle pour des raisons personnelles. De nos jours, les gens exigent une explication approfondie chaque fois que je refuse d’utiliser quelque chose que « tout le monde » utilise (WhatsApp, Microsoft Office, Windows, macOS, Google Docs…).
Puis, ils et elles ignorent généralement l’explication, mais s’attendent quand même à en avoir une. La prochaine fois que je les rencontrerai, ils auront oublié notre conversation précédente et recommenceront le même dialogue. Justifier tous mes choix de vie en envoyant des assertions logiques et correctes dans le vide – en sachant que tout ce que je dis sera ignoré – est un processus émotionnellement épuisant, qui a fait des ravages sur ma santé mentale ces dernières années ; envoyer cet article à mes amis et changer de sujet devrait me permettre d’économiser quelques cheveux gris dans les années à venir.
Cet article s’appuie sur des écrits antérieurs de la Free Software Foundation, du projet GNU et de Richard Stallman. Merci à Barna Zsombor de m’avoir fait de bon retours sur IRC.

Mosaïque romaine, Orphée apprivoisant les animaux, photo par mharrsch, licence CC BY-NC-SA 2.0

Mozilla sera samedi en ligne pour le FOSDEM

Mozinet
, 03/02/2021 | Source : MozFR

FOSDEM 2018 (Nemo bis, CC By-SA 4.0) Personne ne sera surpris d’apprendre que cette année le FOSDEM se passera en ligne.

Mozilla participe pour la 20ᵉ fois au premier salon européen du logiciel libre qui se tient d’habitude à Bruxelles (Belgique). En 2021, la devroom de Mozilla sera, comme les autres, accessible sans inscription sur Matrix. Vous pouvez d’ores et déjà rejoindre le salon Mozilla sur le serveur du FOSDEM.

Samedi, vous pourrez assister à des conférences en anglais entre 13 h et 17 h.

FOSDEM 2021 – planning – Mozilla devroom
Conférence Mozillien·ne Début Fin
Thunderbird in 2021 Magnus Melin 13 h 00 13 h 30
A journey to performance
Using Rust in Mercurial
Raphaël Gomès 13 h 30 14 h 15
Rethinking the Biggest Developer Resource on the Web
MDN Web Docs ~ Past, Present and Future
Schalk Neethling 14 h 30 15 h 15
Mozilla History: 20+ Years And Counting
An overview of origins, past, and present
Robert Kaiser 15 h 15 16 h 00
Open, Accessible & Delightful: building the Mozilla Hubs community during COVID-19 Elgin-Skye McLaren 16 h 00 17 h 00

Nous vous engageons à visiter les stands et à assister aux conférences et aux keynotes dans les autres salles du FOSDEM.


Mozinet

Précédent FOSDEM : Mozilla sera au FOSDEM ce week-end

Le Fosdem vous donne rendez-vous ce week-end, les 1er et 2 février 2020, à Bruxelles en Belgique. Il s’agit du premier rassemblement de l’année regroupant des milliers de développeurs et développeuses, venu·e·s de toute l’Europe et du monde entier, réuni·e·s autour de l’open source et du Libre…

Crédit illustration : Nemo bis via Wikimedia Commons sous licence CC By-SA 4.0.

Les engagements de Mozilla pour le climat

Mozinet
, 24/01/2021 | Source : MozFR

Cathleen Berger, le 21 janvier 2021

sustainability 2020

Assumer la responsabilité de nos émissions

« En ces temps troublés et marqués par les crises, notre attention est souvent captée par les défis politiques et techniques immédiats que nous devons affronter. Faire face à la crise climatique et veiller à ce qu’il y ait une planète habitable pour nous et les générations futures afin de poursuivre ces combats n’est pas quelque chose qui peut être relégué au second plan. Mozilla et moi-même sommes résolument engagés à protéger l’environnement. » — Mitchell Baker, PDG

Nous ne pouvons pas sauver la planète sans ses habitants, et nous comprenons qu’Internet est un outil incroyablement puissant pour nous aider à attirer l’attention sur ce qui a besoin d’être fait.

Avant tout, Mozilla doit assumer la responsabilité de ses émissions de gaz à effet de serre : nous allons significativement réduire nos émissions et atténuer ce que nous ne pouvons pas éviter. Nous partagerons ce que nous apprendrons et guiderons les autres en toute transparence, les soutenant dans leur cheminement et en recherchant sans cesse des moyens d’accroître la résilience de nos communautés.

Quatre engagements pour le climat

À cette fin, nous nous engageons :

  1. Mozilla est résolument engagé à atteindre la neutralité carbone.
  2. Mozilla réduira significativement son empreinte en gaz à effet de serre d’année en année en s’alignant, dans le but de le dépasser, sur l’engagement de zéro émission nette de l’accord de Paris sur le climat.
  3. Mozilla s’engage à jouer ouvertement un rôle de précurseur en partageant ses documents, outils et méthodologies.
  4. Mozilla étudiera des approches pour développer, concevoir et améliorer les produits dans une perspective de durabilité, y compris en recherchant des collaborations pour en amplifier davantage l’impact.

Mesures d’atténuation et de compensation des émissions de carbone

La protection de l’environnement ne peut se résumer à une simple compensation de nos émissions. Afin d’atteindre la neutralité carbone aujourd’hui, nous avons investi dans des compensations carbone performantes afin d’atténuer notre impact de 2019 pour nos services et nos activités commerciales. Bien que ces compensations soient un important outil pour atténuer les émissions que nous ne sommes pas encore capables d’éviter, elles n’apportent ni ne favorisent le type de transformations dont nos sociétés ont besoin pour être vraiment durables.

La meilleure stratégie climatique d’atténuation consiste à éviter les émissions et Mozilla continuera à réduire sa part tout en travaillant avec ses alliés et partenaires pour amplifier ses ambitions.

Une telle transformation exige un changement de mentalité et un degré élevé de changements organisationnels et culturels. La formation de notre personnel et la mise en place d’une gamme d’incitations pour améliorer notre impact environnemental seront essentielles pour y parvenir.

Projets de séquestration du carbone financés

Nous avons interrogé une série de distributeurs et de fournisseurs de compensations en évaluant chaque projet en fonction des critères suivants : le niveau de certification avec une préférence pour le Gold Standard et le Verified Carbon Standard (VCS), le respect de droits de l’homme, la priorité sur la séquestration du carbone plutôt que sur les mesures d’évitement, l’additionnalité et la permanence des projets, l’impact social et la résilience communautaire.

Sur la base de ces critères, nous avons décidé de travailler avec EcoAct et d’investir dans trois projets de séquestration : le projet Madre de Dios REDD au Pérou, le projet de forêt carbone Darkwoods au Canada et le projet de réserve Rimba Raya en Indonésie.

Par ailleurs, nous avons acheté des certificats d’énergie renouvelable (REC) pour nos bureaux et espaces partagés en Amérique du Nord, en Europe et à Taïwan en commençant par notre impact en 2019.

Prochaines étapes

En 2021, nous allons doubler nos efforts de réduction et élaborer des plans opérationnels avec chaque branche de notre organisation.

Nous allons notamment convertir un plus grand nombre de nos bureaux aux énergies renouvelables, reconsidérer notre politique de voyages, étudier les possibilités de l’optimisation du cloud, développer des ensembles d’outils pour l’intégrité des produits et les principes de conception, etc. Nous partagerons les détails de nos processus et objectifs à mesure que nous les affinerons.

Et pour tous ceux et toutes celles qui réfléchissent à leurs possibilités, j’aimerais entendre ce que vous pensez de ces idées :

  • Comment pouvons-nous renforcer la culture réussie du distanciel et encourager une organisation encore plus durable ?
  • Comment pouvons-nous adapter les critères de voyages et promouvoir une culture qui limite les voyages au strict nécessaire ?
  • Quelles mesures devrions-nous prendre pour atteindre le zéro déchets dans les bureaux et les espaces de travail partagés ?
  • Existe-t-il des outils qui peuvent nous aider à devenir une organisation zéro papier ?


Traduction et relecture : Mozinet, Hugues, Hellosct1, cajuteq et anonymes

Comme la version originale, cette traduction est disponible sous la licence CC By-SA 3.0.